"Imaginez que vous vous donnez soudain le droit d'être furieusement heureux. Oui, imaginez une seconde que vous n'êtes plus l'otage de vos peurs, que vous acceptez les vertiges de vos contradictions. Imaginez que vos désirs gouvernent désormais votre existence, que vous avez réappris à jouer, à vous couler dans l'instant présent. Imaginez que vous savez tout a coup être léger sans être jamais frivole. Imaginez que vous êtes résolument libre, que vous avez rompu avec le rôle asphyxiant que vous croyez devoir vous imposer en société. Vous avez quitté toute crainte d'être jugé. Imaginez que votre besoin de faire vivre tous les personnages imprévisibles qui sommeillent en vous soit enfin à l'ordre du jour. Imaginez que votre capacité d'émerveillement soit intacte, qu'un appétit tout neuf, virulent, éveille en vous mille désirs engourdis et autant d'espérances inassouvies. Imaginez que vous allez devenir assez sage pour être enfin imprudent.

Imaginez que la traversée de vos gouffres en vous inspire plus que de la joie. C'était tout cela être le Zubial."

Alexandre Jardin, Le Zubial

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3.6.26

Les cartes postales

Mis à part pour les livres (que je m'étais pourtant engagée à faire circuler), je ne suis pas une collectionneuse*, pourtant, je conserve toute mes correspondances depuis le collège, ainsi que les vieilles cartes postales que j'achète parfois dans les vide greniers.

J'aime acheter ces cartes d'un autre temps, où s'expriment l'affection,  la tendresse ou l'amour (avec moins d'erreurs de syntaxe et d'orthographe que dans les CV d'aujourd'hui - dit la vieille peau). Je n'ai, à ce jour, jamais lu de carte postale exprimant de la colère ou quelque récrimination que ce soit, donc c'est également un baume pour mon cœur de lire tout cet amour.

Récemment, en même temps que des livres (que je m'étais pourtant engagée à ne plus acheter, même d'occasion et que je devais emprunter à la bibliothèque - comme si j'avais la patience d'attendre que le livre que j'ai envie de lire soit disponible), j'ai acheté un gros lot de cartes postales assez récentes.

Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais lorsque ce vendeur du site d'articles de seconde main le plus utilisé de France me les a vendues, mais il s'est avéré qu'il s'agissait de cartes postales adressées aux membres d'une même famille, sur une période d'au moins cinquante ans.

Je les ai lues en diagonal mais ce fut passionnant.

Un arbre généalogique s'est dessiné au fur et à mesure, j'ai également assisté aux différents déménagements, jusqu'à l'entrée en maison de retraite. J'ai commencé à identifier qui avait le plus voyagé à l'étranger, notamment une femme seule dans les années soixante, dans des contrées peu touristiques. J'ai recueilli avec émotion ses impressions sur ces voyages audacieux pour l'époque.

Je n'avais pas beaucoup de temps, mais en une heure je me suis prise d'affection pour les membres de cette famille et me suis surtout demandé pourquoi personne n'avait cru bon de les conserver. J'ai eu envie de mener l'enquête, afin de retrouver un membre de cette famille encore vivant et me faire confirmer l'ordre des évènements familiaux et la place de chacun, mais ça m'a semblé trop intrusif, alors je n'ai pas osé.

Ces cartes postales ont été le roman le plus passionnant de ces derniers mois.

Quant à la lampe de mineur achetée par mon amoureux lors d'un vide-greniers, elle a suscité en moi la même curiosité?

Quiconque a eu la chance de visiter le fabuleux musée de la mine de Saint Etienne (que je recommande chaudement, vous l'aurez compris), sait que chaque lampe était numérotée et attribuée pour de longues à un seul et même mineur.

Aussi, cette lampe étant à priori issue d'une des mines de la région, j'avais dans l'idée de me renseigner sur d'éventuelles archives conservant les classeurs avec les noms, prénoms et numéros de lampes et de faire le tour des archives de la région dans l'espoir de retrouver le nom et le prénom de son propriétaire, puis voir si je pourrais la ramener à d'éventuels descendants (idée qui n'a pas du tout plu à monsieur son actuel propriétaire).

Mais comme je ne savais pas par où commencer, j'ai renoncé.

C'est quand même magique ce pouvoir de nous faire voyager et rêver qu'ont certains objets.

*Petitout me traite d'accumulatrice compulsive


14.4.26

Que ta parole soit juste

Bon, on ne va pas se mentir, je ne crois pas avoir été une personne "commode" un seul jour dans ma vie. Dans la langue de mes parents il y a même un mot pour ça : "Mindodo"

Ce qui ne signifie pas désagréable ou pénible mais plutôt d'une trop grande rectitude/franchise... vous voyez l'idée. Il est vrai que j'ai la mauvaise habitude de toujours dire franchement ce que je pense quand j'y suis invitée. Et c'est la raison pour laquelle mes amis me posent toujours les questions embarrassantes : "Bon, en vrai, il est pas beau mon bébé ? ; "Que penses-tu de mon nouveau chéri, il est un peu con, non ? ; "Ma mère, en vrai, elle n'est pas si gentille, hein ?" ; "Cette fille, elle me prend pour un porte-monnaie j'ai l'impression ?", etc.".

Et puisque l'on me fait suffisamment confiance pour me poser de vraies questions plutôt que de me parler de la météo, j'essaye de répondre le plus franchement et sincèrement possible, tout en appliquant les 4 accords toltèques. Petitout m'a offert le livre il y a quelques années en insistant sur le  premier principe : "Que ta parole soit juste".

Aussi, désormais, avant de répondre à une question je tourne sept fois ma langue dans ma bouche et réfléchis à la façon la moins blessante d'exprimer sincèrement et franchement ce que je pense.

N'empêche, le prochain qui me demande si je suis pressée d'être grand-mère ou d'être à la retraite et surtout si tous les convives à un repas ne parlent que de ça, je crois que je vais me mettre à la chanson...



15.3.26

Noël, Dépendance, Diogène et Vol

Je ne suis ni une reine du shopping, ni une fan des restaurants ou des loisirs onéreux. Au quotidien j'ai des plaisirs simples comme admirer la nature, les couchers de soleil, la lumière des rayons de soleil dans les branches et il m'arrive régulièrement d'arrêter ma voiture sur le bas-côté de la route pour prendre un arc en ciel en photo. Je sais tenir un budget, ne suis pas exagérément dépensière, fais des investissements réfléchis et raisonnables, ne consomme pas beaucoup d'alcool, ne fume pas et ne consomme pas de stupéfiants, il n'empêche, vous l'aurez compris, depuis mes premiers achats pour équiper le logement dans lequel nous débutions notre vie de famille monoparentale, je souffre de dépendance... aux achats sur les sites d'occasions ! 

Je suis dingue de livres, de CD, de lampes, de bougeoirs, d'architecture, de plantes (et en particulier de roses), de linge brodé, de meubles du style art déco, du mobilier des années 60/70 et de tout ce qui est en porcelaine/céramique. [thanks god, le rotin m'est passé !]

J'ai essayé d'arrêter ces derniers mois, en vain. Je tiens trois mois au plus et il suffit que je fasse une super bonne affaire, qui me permet d'avoir cet objet parfait qui illumine notre intérieur et me procure chaque jour de la joie quand je le vois et je replonge aussi sec !

Le weekend dernier les frais d'expédition étaient à 1 euro, peu importe la taille et le poids du colis... J'ai encore craqué. J'ai acheté tous les livres de mes auteurs et artistes préférés (dont Fatou Diome, Ousmane Sow et Titouan Lamazou, que j'aime d'amour) que je n'avais pas encore, ainsi que ce livret historique rarissime, que je ne pensais pas pouvoir acheter un jour et quand j'ai ouvert les paquets mercredi soir j'étais comme une enfant heureuse le matin de Noël. Pendant de longues dizaines de minutes j'ai exprimé mon immense joie. 

Petitout me regardait à la fois amusé et inquiet, car il pense que je suis atteinte du syndrome de Diogène. Notre (pourtant) très grande bibliothèque est pleine à craquer, alors j'ai commencé à faire des piles verticales de livres à côté. 

Mon bûcheron était consterné en calculant l'empreinte carbone de mes achats (qui en même temps ne sont pas neufs, hein !) et me jetait son regard peu amène de combattant de Sainte Soline.

Pu...fichtre ! Et dire que je me croyais non matérialiste et écologiquement exemplaire. Bon ben va falloir prendre le temps de lire maintenant et d'en donner quelques uns pour faire de la place, mais ça ne va pas être facile. Je peux tout donner facilement, sauf les livres que j'ai aimés.

Je crois que j'ai trouvé une solution. Comme il ne sait pas précisément combien il en possède ils ne lui manqueront pas : je vais donner les livres de mon bûcheron* !

Mais chuuuuuuuut**, ça reste entre nous.

P.S : si vous avez l'occasion d'assister au spectacle de Waly Dia, courez-y, le monsieur est drôle, brillant, pointu, pertinent et percutant ! Ce fut ma plus belle soirée de l'année 2026, après celle où mon bucheron est rentré de cinq jours de déplacement professionnel****.


* Sauf ceux que vous lui avez offerts, oeuf corse 

**Soyez rassurés, vous ne serez pas accusés de complicité de vol ou de quelque autre délit, car il n'y a pas de vol entre époux*** ! Mouhahahahaha !

***l’article 311-12 du Code pénal, modifié par la loi n° 2020-936 du 30 juillet 2020, article 10, précise : « Ne peut donner lieu à des poursuites pénales le vol commis par une personne : 1° Au préjudice de son ascendant ou de son descendant ; 2° Au préjudice de son conjoint (...)".

****Et j'ai bien fait d'en profiter vu que quand il va se rendre compte que j'ai donné principalement ses livres, je ne pourrai plus compter que sur mon nouveau meilleur ami.


17.6.25

Jeune

Je sais que je suis jeune parce que j'ai de nombreuses envies, une multitude de projets, j'aime apprendre et j'adore découvrir de nouvelles choses ;

Quand mon amoureux se dandine pour me faire rire, j'ai 15 ans ;

Quand je m'adresse à certains adultes, c'est à la part d'enfant en eux que j'ai envie de parler ;

Je n'ai jamais eu aucun intérêt pour les marques et le luxe, seuls la qualité des produits, des matières et la beauté intrinsèque m'intéressent ;

Je ne suis jamais la dernière à faire des roulades dans l'herbe, si je suis assurée de ne pas trouver de crotte de chien dans la descente ;

Mes enfants m'offrent des cadeaux qui brillent dans la nuit pour la fête des mères ;

Et mon chéri prend le temps de me les installer pour me faire plaisir, alors qu'il a eu une journée de travail épuisante ;

Je peux sourire pendant des heures en pensant à quelque chose qui m'a fait plaisir ou rire ;

Tous mes copains de plus de cinquante ans ont l'air jeunes car ils savent s'amuser de la vie ;

Parfois je boude, je me rends compte que je boude, mes proches me disent que je boude, mais je ne reconnais pas que je boude ;

J'ai une baguette magique avec une étoile multicolore que j'adore et je la planque quand nos voisins viennent nous rendre visite, pour ne pas que leur petite fille de 3 ans demande à l'avoir ;

Je peux faire des heures de voiture pour aller chercher cet objet qui une fois installé dans mon domicile me fera sourire chaque jour quand je poserai mes yeux dessus ;

J'adore les orages d'été et dès qu'il pleut mes enfants savent qu'ils vont me retrouver sous la pluie en train de chanter la pub tahiti douche ;

J'envoie des selfies à mon chéri pour lui donner envie de rentrer du travail pas trop tard ;

Et parfois même je fais une bouche de canard pour le faire rire ;

Je me promène tout le temps pieds nus ;

Je propose souvent à mon bûcheron de danser juste parce que j'en ai envie, avant ça le gênait, maintenant il dit tout le temps oui ;

Je suis jeune, mais assez vieille pour qu'on ne me fasse plus chier en me disant : "Mais ça ne se fait pas ! " ;

Parce qu'ils savent tous, que si je le veux vraiment, je le ferai.

Et quand je regarde mes grands enfants, qui eux sont vraiment jeunes, je ressens tellement d'amour et de fierté que je ne peux pas m'empêcher de sourire et ils râlent parce qu'ils pensent que je me moque d'eux et me traitent de "vraie gamine".

Jeune.

12.12.24

La boucle temporelle* de Minnie

Je ne sais pas si je vieillis si bien que ça finalement, puisque maintenant non seulement je ne suis plus horrifiée quand je vois des souris chez moi, mais parfois même je les trouve mignonnes.

Nous faisons toujours le nécessaire pour nous en débarrasser, pour des raisons hygiéniques, mais il faut bien reconnaître qu'elles m'amusent. Je n'ai plus le cœur à les empoisonner et les retrouver mortes dans un coin du logement. Aussi, nous avons fait l'acquisition d'une cage dans laquelle elles se laissent prendre assez facilement et ensuite mon bûcheron les emmène dans la forêt pour les relâcher. Mais je les crois plus persévérantes que nous, puisqu'elles reviennent souvent. 

J'ai un jour suggéré que l'on mette une pointe de vernis rouge sur leur poil histoire de voir si c'était bien les récemment libérées qui, en bonnes ingrates, revenaient nous visiter, mais mon amoureux m'a regardé comme si j'étais une épouvantable tortionnaire. La première année, mon bûcheron en a capturé cinq dans la même journée, nous ne saurons jamais si ce fut cinq fois la même...

Ce matin, une jeune audacieuse ne s'est pas embarrassée de ma présence et a même eu l'outrecuidance de me faire remarquer 1] que nous ne faisons pas bien le ménage 2] que nous sommes bien des alcooliques ; puisqu'elle a entrepris de déplacer devant moi le gros bouchon en liège (issu d'une grande bouteille de bière), qui était resté planqué sous un meuble.

Je sens qu'avec celle-là je vais bien m'amuser, qu'elle soit alcoolique ou collectionneuse, elle me plaît déjà.

* Au départ j'avais écrit "le retour" de Minnie, mais j'aime bien les films où l'héroïne revit sans cesse la même journée** jusqu'à ce qu'elle ait réalisé ces actions qui étaient indispensables pour lui permettre de reprendre le cours de sa vie. 

** Si ça se trouve c'est la même souris qui revient chez nous parce qu'elle n'a pas accompli sa mission sur cette terre***.

*** Et si ça se trouve, sa mission c'est de construire une Tour Eiffel en bouchons de bière****.

****Et si ça se trouve, je devrais aller me recoucher...



11.3.24

Ma prochaine rencontre

J'ai eu la chance de croiser dans ma vraie vie Jean-Jacques Goldman (attention, je n'ai pas dit que nous étions partis en vacances ensemble), Michael Jordan (qui cependant ne m'a pas invitée sur son yacht), Erik Orsenna (qui ne m'a pas conviée à un atelier d'écriture), Mads Mikkelsen (le temps de le protéger des remontrances de notre chère Bellzouzou) et, pour rappel, récemment M m'a foncé dessus. 
Comme j'ai fini par croiser tous les hommes que j'admirais, dont un sur lequel je fantasmais ouvertement (avec l'accord de mon amoureux, qui, homme de peu de foi, ne croyait pas en mon pouvoir magique), je ne peux passer sous silence mon dernier rêve.

Figuraçionnez-vous, mes damnes zé mes cieux, que dans ce rêve très doux dont je me souviens parfaitement (signe fort), je me rendais à un concert en Californie, entendais chanter sur une grande scène un sémillant jeune homme, plus connu comme acteur que comme chanteur, et ledit acteur tombait éperdument amoureux de moi. Et moi de lui aussi, à priori.
Nous vivions une torride, sensuelle et magnifique histoire d'amour sans fin, en toute simplicité, sur une plage au soleil, dans le plus simple appareil.
Comme mes rêves s'avèrent plutôt arrangeants, il m'était d'une fidélité inédite, car, habituellement entouré de créatures de magazines toutes refaites chez les mêmes chirurgiens, il était follement séduit par mon naturel, la douceur et le délicieux parfum de ma peau, ainsi par l'originalité de mes vergetures, qu'il n'avait jamais vues à Hollywood : my wonderful natural tatoos ! 

Vous allez me dire, et ton amoureux alors ?

J'imagine que, beau prince, il s'inclinait devant l'évidence de notre amour et entamait une magnifique histoire avec Nathalie Portman ou qu'il était mort quelques mois auparavant d'un infarctus, et j'étais inconsolable, raison pour laquelle mes adorables amies m'avaient emmenée en voyage en Californie pour me changer les idées*.

Le seul vrai souci avec mes rêves prémonitoires, c'est qu'ils peuvent se produire sous 2 jours, 2 mois ou 10 ans.

Bon, sait-on jamais, je file me faire-faire le maillot dare-dare !

Jason, je suis prête !



*Par souci d'honnêteté, au réveil, j'ai prévenu mon amoureux que je serai sans doute amenée à le quitter pour vivre une incroyable histoire d'amour avec Jason Momoa. Il s'est contenté de soupirer en secouant la tête, mais je l'ai tout de même senti plus inquiet que quand je lui parlais de M, avant qu'il ne me tombe dans les bras l'été dernier.

3.2.23

Malade

En vieillissant je dois souffrir d'un relâchement du canal lacrymal*, car j'ai de plus en plus souvent les yeux humides en évoquant, ou me remémorant, les meilleurs moments du passé, lointain ou proche.

Bref ! J'suis devenue une chialeuse.

La carapace s'est fissurée sévère et il suffit que je repense à la tendre enfance de mes enfants et je chiale.

Quand j'évoque un moment qui m'a particulièrement émue, je chiale.

Re-bref ! J'suis chialeuse en cheffe, avec option illuminée.

À vous je peux le dire, mais je crois bien que je suis un peu folle hyper créative aussi. J'ai souvent de drôles d'idées qui me trottent dans la tête et puisque désormais j'ai "plus de passé que d'avenir", je m'empresse de les réaliser.

Je vois bien que certains se disent que j'en fais trop et je les comprends, mais "en vrai", je ne peux pas m'en empêcher. 

Ainsi, pour la saint Valentin j'ai décidé d'offrir un moulage en plâtre (ou silicone) de mon sein droit (car c'est le préféré de sa main gauche, rapport à sa place dans le lit, mais je m'égare) à mon amoureux, pour qu'il le glisse dans le tiroir de son bureau** et pense à moi encore un peu plus souvent quand il est au travail. 

Ou alors j'en moule plusieurs (pfffffff ! Je lis dans vos pensées et faudrait voir à dépasser la deuxième phase de l'évolution psycho-sexuelle d'un bébé humain), de plusieurs couleurs (idem), afin qu'il les accroche dans son futur atelier (auquel plus personne n'aura accès du coup). 

Une autre preuve que ça ne tourne pas tout à fait rond chez moi (peut-être que je vais être diagnostiquée comme souffrant de troubles de la dissociation et pourrai demander une retraite anticipée pour raisons de santé, mais je me re-égare, ce qui ressemble à se méprendre à je me re-gare, sauf que là il n'est pas question d'une voiture que l'on stationne à deux reprises et quand la phrase entre parenthèses est plus longue que la phrase dans laquelle elle se trouve, ça peut potentiellement devenir incompréhensible), Toutgrand va fêter ses 25 ans*** très prochainement et à chaque fois que j'en parle à ma famille ou mes amis de longue date, qui l'ont connu tout petit, je suis émue pour eux en constatant que ça leur fiche un sacré coup de vieux. Mais pas à moi. 

Malgré l'arthrose et la ménopause, je n'ai jamais eu autant envie de m'amuser. 

D'ailleurs, il y a quelques années, quand j'ai rencontré mon bûcheron, je me sentais si euphorique que je ne parvenais plus à me concentrer sur mon travail. J'ai fini par téléphoner à notre super médecin de famille pour lui demander un arrêt de travail. Elle a été prise d'un sacré fou-rire et m'a répondu qu'un excès de joie n'entrait pas dans les motifs acceptables, selon la sécurité sociale, pour bénéficier d'un arrêt de travail. 

Re-re-re-bref ! J'ai le cœur gonflé d'amour et en préparant les photos des 25 dernières années, j'alterne larmes, rires et drôles d'idées. On ne va pas tarder à m' interner.

 

 

*qui a dit (ou pensé), l'étape suivante c'est le périnée et le sphincter ??? Ouais, attention à vous, hein.

**quiconque connaît mon éminemment pudique bûcheron, se doute bien qu'il le planquera consciencieusement dans un coin de la maison, mais je me réjouis par avance de la tête qu'il va faire en ouvrant le paquet. 

***je lui ai déjà prévu le plus somptueux des cadeaux.



3.9.22

La kiffance

 C'est mon premier week-end sans RIEN de prévu depuis... Me souviens plus !

C'est savoir que mes têtes multicolores vont bien là où elles sont. 

C'est avoir quelques démarches administratives désagréables à faire pendant 4-5 heures, mais se préparer à les faire en se disant qu'il y a toujours plus malheureux que soit.

C'est se promener à Oualpé dans la maison en dansant, sous le regard amusé de son amoureux.

C'est avoir le temps de lire l'un des deux trop chouettes bouquins que m'a offerts ma Bellzouzou pour mon anniversaire, quand je suis allée à son anniversaire (tu suis ? ).

C'est te réveiller la nuit, sans t'énerver à essayer de te rendormir de peur d'être encore plus fatiguée au travail.

C'est ne pas avoir à faire la cuisine et manger tous les restes tout le week-end. 

C'est ton chéri qui est trop content parce qu'il va passer la journée à pratiquer son art martial préféré.

C'est toi qui es trop contente que ton chéri soit trop content parce qu'il va passer la journée à pratiquer son art martial préféré, vu qu'il ne sait pas ne rien faire et que tu as bon espoir de t'offrir un bon bain de rienfaisance d'au moins trois heures dans le week-end.

C'est te demander ce qu'il y a au cinoche et réaliser que tu n'y es pas allée depuis des mois alors que tu adores ça. 

C'est décider, le temps d'une journée seulement, d'essayer d'arrêter de te faire du souci pour tes parents, d'arrêter de te faire du souci pour les deux amis de Petitout qui vivent depuis des mois des périodes financièrement, familialement et psychologiquement difficiles, d'arrêter de te faire du souci pour Petitout qui est si malheureux pour ses amis qu'il rumine jour et nuit et ne savoure pas comme il le devrait les fruits de son beau travail, d'essayer d'arrêter de t'inquiéter des tomates à presque 5 euros le kilo, du porc dont le prix au kilo a doublé, du bœuf devenu inaccessible, tout autant que le fromage, d'arrêter de t'inquiéter pour la crise économique qui s'annonce et pour ces personnes de ta connaissance qui galerent déjà tellement, que tu crains de les retrouver sur le carreau. C'est essayer d'arrêter de penser. 

C'est te dire qu'il va vraiment falloir créer un potager et faire des conserves pour tes enfants, en prévision. 

C'est être fière de toi car tu as drastiquement diminué ta consommation d'alcool, parce que tu t'etais rendue compte pendant les semaines de canicule que certaines bières étanchaient ta soif mieux que l'eau et que ça inquiétait Petitout.

C'est décider d'essayer la meditation de pleine conscience pour essayer de déconnecter ton cerveau pendant quelques minutes, parce que rien d'autre n'a marché. 

C'est te dire que tu vas enfin avoir le temps de te faire une pédicure (à la fin de l'été et des nus-pieds il était temps) et une manucure.

C'est te dire que tu ferais bien de ranger tes vêtements après avoir rangé la maison et te dire que ça pourra bien attendre le prochain week-end car finalement celui-ci est déjà. bien rempli.

C'est penser au prochain Noël et te réjouir par avance des retrouvailles avec tes têtes multicolores en mode cocooning-chocolat-chaud-biscuits-films et contes de Noël et gros câlins. 

C'est te dire qu'il faut aussi savoir apprécier l'instant présent et te rendormir en vous souhaitant un excellent week-end. 

14.5.21

Envie d'une petite folie

 Après plus d'un an à être terriblement raisonnable (ce qui n'est pas dans ma nature, vous le savez), j'ai la petite folie qui me démange grave.

Comme une envie de me faire plaisir de façon totalement déraisonnable, sans me soucier de mon âge, de mes obligations professionnelles et scolaires, de mon compte en banque ou de mes paragons de vertu (ndlr : mes grands enfants).

L'idée est là, frétille, mais ne jaillit pas encore... 

Et vous, quelle serait votre petite folie ? 

16.4.21

J'suis trop une thug!

Mon amoureux est un homme de rites. 

Petitout aime se moquer de lui en disant qu'il ferait le bonheur d'un tueur à gages, car le monsieur, très ponctuel, fait toujours les choses dans le même ordre et à la même heure.

Aussi, nous savons tous à la minute près quand nous devons nous inquiéter s'il n'est pas rentré du travail, dans quel créneau horaire il va squatter les toilettes, aller prendre sa douche ou arroser le jardin.

Réglé comme un coucou Suisse je vous dis.

Alors, vous imaginez bien que le monsieur a SON côté du lit. Même lorsque nous nous livrons à des activités que la morale réprouve et que nous perdons le Nord dans notre lit, il ne s'endort pas avant d'avoir retrouvé SA place. 

Eh bien ce soir, où je me suis couchée avant lui, j'ai décidé de me coucher pour la première fois de son côté du lit.

Je vous raconterai les résultats de cette expérience psycho-sociologique, si je ne finis pas dans les faits divers... 

2.4.21

Les Gambas pascales

Pâques étant ZE fête de famille, j'ai voulu aller chasser l'agneau de 7 heures chez mon boucher dès cet après-midi.

Je ne sais pas si c'est parce que tous leurs congénères sont restés coincés dans le canal de Suez, à bord du Ever Given le bien nommé, mais le prix au kilo des bestioles n'était pas bien chrétien. 

Aussi, j'ai décidé de m'affranchir de 46 ans de traditions familiales et ce sont des Gambas à l'armoricaine qui salueront cette année la résurrection de Jésus. Non mais !

En plus ce n'est pas forcément un theologoumene. Il paraît qu'à l'époque, par temps bien dégagé, depuis les monts de Judée on apercevait des bancs de gambas au large de Gaza. 

17.11.20

Un jukebox dans la tête

 Si vous demandez à mes héritiers ce qu'ils pensent de leur mère, Petitout dira des vacheries, Toutebelle sera dithyrambique et Toutgrand ne dira rien pour laisser un équilibre s'établir entre les propos de sa petite sœur et son petit frère. 

Néanmoins, ils seront tous les trois d'accord pour dire que leur mère a souvent de drôles d'idées et d'étranges habitudes.

Ainsi, j'associe souvent des moments et des paroles à des musiques ou des chansons. Par exemple, mes enfants ne disent plus jamais "j'ai un problème", sinon ils sont certains de m'entendre leur répondre en fredonnant l'air d'une certaine chanson :"mais moi aussi mon cœur !" *

Ça restait gerable jusqu'à présent, mais dans quelques jours Toutebelle fêtera ses 20 ans et en y pensant, depuis hier soir j'ai dans la tête cette chanson qui tourne en boucle... 

https://youtu.be/7jECVTHcP00

J'espère que ça passera après l'anniversaire.

*si tu trouves spontanément la chanson dont il est question c'est que toi aussi tu as un jukebox dans la tête. Chouette ! On va pouvoir former un club. 

24.9.20

C'est grave docteur ?

Depuis que l'on ne peut plus voyager librement à l'étranger, je me sens oppressée.

C'est comme une sorte de claustrophobie géographique. 

30.5.20

La petite Reine

Au début du confinement Toutebelle a eu l'amabilité de me prêter son vélo d'appartement, qui prenait la poussière dans un coin de sa chambre.
Je l'ai installé sur notre terrasse et pendant tout le confinement me suis approprié la bête, il est devenu mon fidèle destrier.

Je faisais entre cinq et sept heures de vélo par semaine, pour le plus grand plaisir de nos voisins qui se délectaient de mes tenues improbables (note pour plus tard : racheter des tenues de sport), dont mes mini-shorts (note pour maintenant : acheter l'appareil de torture anti-cellulite en haut des cuisses).

Bref ! En deux mois je suis devenue la Jeannie Longo des terrasses.

Forte de ce nouveau titre, j'ai voulu me prouver que la liberté retrouvée ne gâcherait en rien mes nouvelles sensations, alors j'ai ré-enfourché mon vieux B-TWIN 5. Je ne sais pas à quelle version on est aujourd'hui, mais en 2006 c'était le top du top !

Je vous passe les moqueries de Petitout, cycliste pro de la famille, qui me fait remarquer sans cesse que même pour un sumo mon vélo serait trop lourd et : "Bon courage pour monter les côtes avec ton tank, hein !"
Parce qu'à Lyon, des côtes on en a ! Et nous ne nous en plaignons pas. 

Non, mon vrai souci c'est la selle. La selle d'origine s'est percée et dégouline de gel tellement dégueulasse que même le chirurgien esthétique le plus douteux au monde rechignerait à l'employer pour fabriquer des prothèses mammaires.

Ma selle est kaput donc et il me faut la remplacer.

Mais voyez-vous, le problème est que mère nature m'a fort généreusement dotée au niveau de l'assise et ce serait faire injure à tant de perfection que de prendre la première selle venue. 
Et puis pour tout vous dire, j'en ai essayé plein de selles, mais elles me font toutes très mal au Luc. 
Et pour continuer de tout vous dire, si je dois avoir mal au Luc, je préfère que ce soit pour d'autres raisons*, hein !

Donc, mes sœurs princesses petits pois du Luc, si vous aviez quelques conseils à me prodiguer pour que je trouve la reine des selles à vélo pour femme gâtée par la nature, afin que je puisse chevaucher mon fidèle destrier des heures durant sans séant meurtrir, je vous en saurais infiniment gré !

En attendant, je vais randonner, au pire ça ne fait mal qu'aux pieds.

Des bises ensoleillées  

*comme assister des heures durant à des concerts à Jazz à Vienne très inconfortablement assise sur les pierres du théâtre antique... bande de coquines !

14.10.19

Progrès technique versus régression intellectuelle

Je viens tout juste de réaliser que mon nouveau smartphone ne m'affiche jamais tous les emoticones qu'il possède en mémoire, dans l'onglet qui leur est consacré.

Pour être plus claire, en écrivant "mon amour" dans un SMS sont apparus en proposition plein d'emoticones différents en forme de cœurs que je n'avais jamais vus auparavant. 

Quand j'ai écrit "fleurs" , alors là c'est un véritable jardin que j'ai découvert. 
Aussi je me suis amusée à essayer différents mots, juste pour voir quels emoticones seraient associés... Jusqu'au moment où j'ai tapé "fosse à purin" alors que Petitout passait en jetant un regard au dessus de mon épaule, curieux de mon inhabituelle fébrilité smartphonique. 

Il est alors reparti sans mot dire, ni même un soupir, mais je l'ai entendu déclarer à sa sœur et son frère : "dites donc, ça s'arrange pas la vieille !"

P. S : je ne vais pas aggraver mon cas en leur avouant que je souris à chaque fois que je tape mon prénom dans un SMS, car le correcteur orthographique le remplace systématiquement par "Macédoine" .

P. S2 : oui, je ne suis pas toute seule dans ma tête, mais je m'en fiche, on s'amuse beaucoup tous ensemble. 

28.6.19

45 ans

Dans presque 2 mois, j'aurai 45 ans (Inch Allah, si Dieu Veut, Khaval al Hazman, que Dieu me prête vie, etc.).
J'ai découvert il y a peu qu'il n'y a guère que dans ma famille que l'on n'a pas la patience d'attendre les dizaines et que l'on fête avec le même enthousiasme les "cinquaines".
45 ans disais-je donc et plus tout à fait toutes mes dents.
Je n'ai pas encore 45 ans que je pense déjà à la façon dont je vivrai les 50 ans (Inch Allah, si Dieu Veut, Khaval al Hazman, que Dieu me prête vie, etc.), parce que franchement 45 ans, ça me fait bizarre.

J'avais très bien vécu mes 40 ans et jusqu'à 44 ans ça allait bien, mais là j'ai l'impression que l'on ne parle plus de moi.
J'adore avoir la chance de vieillir et de voir mes enfants grandir, ne nous y trompons pas, mais c'est comme si le compteur s'était arrêté, réellement, je ne me sens pas vieillir.

Je suis plus en forme qu'à 40 ans, j'ai plus envie de m'amuser qu'à 20 ans, quand je retrouve mes copines j'en ai 15 et quand il a vu les dernières baskets que je me suis commandées, Petitout m'a dit : "Maman, il faudrait quand même qu'à un moment tu réalises que t'es vieille maintenant et que tu arrêtes de choisir des baskets de jeunes un peu bling-bling !"*

Le début du déni de vieillesse ?

*Et pourtant; franchement ces baskets déchirent leur race, elles ont été fabriquées pour moi !... Bon, en vrai il a raison, elles sont un peu bling-bling-cul-cul, mais quand je les ai vues j'ai rigolé et j'adore l'idée de porter des baskets qui me font rigoler quand je les porte.

14.1.19

Vive le roi !

Le jour de l'épiphanie, alors que nous venions de manger notre première galette des rois de la saison, mon Petitout me dit dans un sanglot : "Ben c'est pas grave, hein, de toutes façons de toute ma vie je n'ai jamais eu la fève".
Alors mon coeur de mère fit un bond : "comment, tu n'as jamais eu la fève, ni à la maison, ni à l'école ???" et je ne m'en suis pas rendu compte pendant ces 14 dernières années !!!!

Le ton résolu et désenchanté de mon bébé (d'1,97m) me fit tourner le lait.
Ni une, ni deux, la décision fut prise. Il ne serait pas dit que mon plus jeune enfant vivrait une année de plus sans avoir connu l'ineffable bonheur d'être roi et de choisir sa maman chérie bien sûr reine.

Pendant une semaine je suis allée chaque jour acheter une galette et croyez-le si vous le voulez, mais il aura fallu 7 galettes (dont 2 galettes qui comprenaient 2 fèves) pour qu'enfin Petitout soit couronné roi sans tricher.

Toutgrand qui raffole de la frangipane était aux anges, mon amoureux qui a été couronné roi à 5 reprises aussi, pour ce qui me concerne je ne peux plus voir le début du commencement d'une pâte feuilletée et j'ai frôlé l'occlusion intestinale.

NOTA : Il y a encore deux galettes qui m'attendent au travail cette semaine... au secouuuuuuuuuuuuuuuuuuurs !!!!!!

Résultat de recherche d'images pour "galette des rois géante"

3.1.18

En 2018 : Névrosia = une puce sous ecstasy

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah j'adoooooooooooore 2018 !!!

Figuraçionnez-vous qu'en 2018 primo y a de gros anniv tous ronds de plusieurs de mes proches et toi qui me lis tu sais combien j'adooooooore organiser longtemps à l'avance des surprises pour les annivs tous ronds de mes proches, de préférence des mois à l'avance et sans craindre la démesure et secundo y a plein de longs week-ends en perspective (même si moins qu'en 2019 et je sens que je vais surkiffer 2019) et ça aussi j'adore.

Aparté : j'ai crapoté un joint il y a plus de 20 ans sur une plage de Bretagne et ça ne m'a rien fait alors je me suis dit à l'époque que j'étais tellement perchée au naturel que je n'en n'avais pas besoin, mais depuis quelques années je fais une fixette sur Amsterdam et rêve d'aller y passer un week-end histoire de visiter la ville la journée et d'essayer un petit chichon en amoureux (et ses effets secondaires), ainsi que quelques space cakes accompagnés d'un délicieux thé le soir. Mon amoureux qui se méfie de mes fixations, de mon sens de la démesure et qui a connu un gars qui était devenu complètement accro aux joints après un seul séjour à Amsterdam, louvoie depuis des mois et des mois pour éviter avec soin cette destination dans nos projets de week-ends européens. Hé hé, Amsterdam ou pas Amsterdam en 2018, l'avenir nous le dira...
Fin de l'aparté

Donc, préparer des surprises/cadeaux d'anniv longtemps à l'avance c'est genre ma folie de la saint Valentin puissance le Christmas Groove New-Yorkais, tu imagines les ravages hein.
Consequently, dans les mois à venir mon cerveau va carburer à la sauce "mékeskejvébienpouvoirleurconcocter7X6?" et crois-moi calme, raisonnable et adorable lecteur, dans ces circonstances mon pseudo n'est pas usurpé.

Je suis contente, contente, contente, j'ai plein d'idées (dont des bonnes) et je vais pouvoir faire ma mystérieuse pendant des mois, j'adore !

Par exemple, je ne t'ai pas dit que mon amoureux pratique les arts martiaux et que pour lui faire une surprise gratos, juste comme ça, parce qu'il est trop mignon adorable et que j'aime lui faire plaisir, les deux derniers mois j'ai participé en douce à plusieurs cours de couture pour lui fabriquer une nouvelle housse d'armes en tissu, l'ancienne étant plus qu'élimée.
Sache que c'était super chiant avec tout plein de doublures et de coutures spécifiques et que ça ne m'a pas du tout donné envie de me lancer dans une carrière de couturière (même si j'adorerais en avoir la patience pour me coudre les fringues que j'ai dans la tête), mais par contre qu'est-ce que c'était chouette de voir sa joie et son émotion quand il a ouvert le paquet.
En plus je l'ai fini et la lui ai offerte alors que j'étais genre à l'article de la mort, une bronchite carabinée de 3 semaines + une allergie aux médocs = il avait rappliqué à toute vitesse à 23h, alors qu'il était crevé car il rentrait d'un long déplacement, quand mes enfants lui avaient téléphoné croyant ma dernière heure venue.
Certes j'ai su ajouter au moment une dimension dramatique, mais je crois qu'il aurait autant apprécié le présent sans penser que c'était peut-être mon dernier.

N'ayant pas l'intention de réitérer un cadre aussi dramatique pour tous les anniversaires tous ronds de 2018, il va falloir que les cadeaux et surprises soient bons.
Et c'est précisément le moment où tu interviens ! (Hé hé, tu as cru que j'écrivais Guerre et Paix juste comme ça pour le plaisir ? Nein !)

Je compte sur toi. Il y a par ici une forte concentration de personnes brillantes, drôles et pleines d'imagination (oui, je ne lésine pas sur la flatterie par te rallier à ma cause, mais dedans il y a tout de même des choses que je pense pour de vrai), elles-même entourées de personnes brillantes, drôles et pleines d'imagination, qui ont organisé ou reçu de chouettes surprises/cadeaux pour leurs anniversaires tous ronds.

Amis, faites péter les idées ! Et ne pensez pas que l'une d'elles puisse me sembler déraisonnable, si j'étais raisonnable ça se saurait.


9.9.17

Je ne suis pas un robot

Dans les choses pour lesquelles je ne suis pas douée, en dehors de mathématiques, il y a les petites applications de sécurité.

Les outils de contrôle me laissent souvent perplexe et les échecs cuisants que je subis parfois pour ce qui semble être pourtant à la portée du premier imbécile venu, me fait douter des résultats de mes derniers tests psychométriques.

Ainsi, quand ils demandent sur une mosaïque d'images reconstituant une photo de cliquer sur les morceaux montrant des panneaux de signalisation je me plante toujours. Je n'ai pas réussi à comprendre si c'est parce que je suis trop tatillonne en comptant les images qui ne comprennent que des bouts de panneaux de signalisation ou si je ne le suis pas assez en omettant volontairement de cliquer sur les images des poteaux qui soutiennent ces panneaux de signalisation.

Ce problème ne me causerait pas autant de soucis si je ne venais pas d'échouer à un exercice encore plus simple, puisqu'il s'agissait de cliquer sur les images montrant une voiture et je peux jurer sur la tête de feu-mon-stérilet-mon-ex-meilleur-ami pour la vie, qu'il n'y avait pas le début du commencement de l'esquisse d'une voiture sur cette image. Alors j'ai cliqué sur « ignorer » comme j'étais invitée à le faire et ai été recalée.

Ces deux échecs coup sur coup ont sérieusement commencé à entamer ma confiance en soi et à me faire douter de ma vue, malgré mes 20/10 à chaque œil qui rendent mes fistons fous de jalousie. [Nous avions fait une visite de contrôle groupée chez l'ophtalmo et l'orthoptiste s'était extasié que j'aurais pu être une super pilote avec une telle acuité visuelle. Comme mes héritiers n'avaient QUE 12/10, ils ne cessent de pester depuis, en disant que pour être pilote je devrais commencer par être un peu meilleure en maths]

Bref ! Sachant ma vue bonne et mon cerveau normalement bien fait (sauf pour les maths), j'avoue être toujours désappointée quand je dois renseigner des lettres de l'alphabet de toutes les couleurs, tailles et tordues dans tous les sens. J'ai un vrai problème semble t-il avec le « i » majuscule qui se confond trop souvent avec le « l » minuscule, etc.

Re-Bref ! Je ne suis qu'une êtresse humaine (comme entendu récemment dans la bouche d'un enfant créatif) et ne m'en veuillez pas si parfois je renonce à publier un commentaire sur votre blog parce que le contrôle éprouve ma patience.


28.3.17

In ze tigivi

Pleinement consciente de ma chance de pouvoir partir en formation, alors que nos éducateurs nationaux peinent à obtenir ce qui est à la fois un droit et un devoir, j'étais excitée comme une collégienne à la veille de son premier rendez-vous au cinéma avec un garçon (même boutonneux).

Prévoyante, j'avais rempli le frigo à ras bord (sait-on jamais qu'une guerre mondiale se déclare sous 48h et que ma descendance décide de se gaver de pâtes et biscuits bios pour se rassurer – les réflexes psychologiques maternels sont parfois fascinants d'incohérence), préparé moult plats à réchauffer (alors que même le plus jeune de mes enfants est assez débrouillard pour se préparer les plats de base ), lavé et rangé tout leur linge dans leurs armoires (sait-on jamais, la météo fort clémente annonçait de belles journée ensoleillées, mais prises de folie mes têtes multicolores auraient pu décider de porter en superposition tous leurs vêtements justement ces deux jours-là) et parfaitement nettoyé et rangé la maison avant de partir (tout en sachant que je ne manquerais pas d'être extrêmement exaspérée par le bazar que je trouverais à mon retour).

Bref ! Je partais l'esprit tranquille et les baskets aux pieds. J'aurais pu opter pour le style follement élégant de ces femmes qui semblent vouloir laisser aux autres voyageurs un souvenir impérissable en arborant une mise impeccable, l'air détaché et légèrement hautain de la voyageuse aguerrie, mais je suis moi hein ! Alors l'élégance folle je veux bien, mais pas quand j'ai décidé de remplacer mon très élégant sac de voyage (mais ô combien inconfortable porté sur l'épaule quand il est trop chargé) par un sac à dos décontracté et chic à la fois.

J'avais donc pris soin d'embrasser ma descendance la veille avant son endormissement, car je devais me réveiller à 4h30 pour aller attraper le premier métro, puis le premier tigivi.
NOTA : j'suis pas une trouillarde, hein, mais il ne fait pas bon se promener dans les rues sombres et vides de la ville au petit matin quand Petitout, ton fils bien aimé, t'a expliqué quelques jours auparavant la recrudescence des rats des villes* de plus en plus agressifs, qui semblent poser bien des soucis aux services d'hygiène de la métropole dans laquelle vous vivez. Je suis presque certaine d'avoir entendu une bande de rats comploter pour savoir par quelle partie de ma charnue anatomie ils allaient attaquer lorsqu'ils se jetteraient tous ensemble sur moi pour me dévorer, mais pour ma défense je n'avais réussi à dormir que 2 heures cette nuit-là.

Vous l'aurez compris, toute au stress de laisser mes bébés... [Aparté : Oui, on peut avoir respectivement 19 ans, 16 ans et 14 ans, mesurer plus de 2 mètres pour l'aîné et les atteindre allègrement pour le plus jeune, avoir désormais un corps et un esprit féminin, pour la représentante au chromosome XX du groupe et rester dans le cœur et la tête de sa maman : son bébé.
Ne vous épuisez pas à essayer de me faire entendre raison sur ce point, je sais que ce sont désormais des adultes (ou presque), je les traite comme tels, reconnais leur maturité et leur capacité à faire face aux problèmes avec intelligence et détermination, mais je vous jure que même si je ne dis rien pour les laisser se confronter à la vie, lorsque l'on s'en prend à eux au fond de moi je suis tellement en colère que c'est comme une transformation en Hulk de l'intérieur. Dans ces cas-là ce sont mes bébés qu'on attaque et j'ai envie de déchiqueter l'agresseur avec mes dents, même si je semble impassible. Ce doit être hormonal, je pense.]... je m'étais agitée jusqu'à l'épuisement, avais peu dormi mais réussi à me réveiller à l'heure et me doucher en un temps record.

Re-bref ! Je partais guillerette, sereine et en me disant que c'est drôlement chouette quand vos enfants grandissent et je suis arrivée à l'heure en gare tigivi. Je me suis d'abord amusée à observer le public des grandes gares à la première heure, ai décidé à la dernière minute de m'acheter un thé et une viennoiserie pour me sustenter dans le tigivi et c'est toujours aussi guillerette que je suis montée dans ce dernier avec le sourire béat de la provinciale qui a l'impression d'aller conquérir le monde, alors qu'elle se rend juste dans la capitale, où elle a vécu pendant plus de 30 ans, rappelons-le.
La provinciale guillerette et agaçante avec son sourire 10000 lux de 6h du mat, a dû entrer à toute vitesse dans la voiture en partie basse. En arrivant au niveau de mon siège j'ai réalisé que je devais enlever mon encombrant sac à dos à toute vitesse pour le poser entre les deux rangées de sièges derrière moi et toute à ma hâte de le retirer de mon épaule assez vite pour laisser les autres voyageurs accéder au fond de la voiture dans cette allée étroite, mon sac trop lourd a basculé soudainement et à moitié assommé une voyageuse déjà installée dans le siège le plus proche.

Confuse, j'ai platement présenté mes excuses à la dame qui semblait peu encline à me pardonner. Je ne savais plus où me mettre (au sens propre comme au figuré) alors j'ai attrapé mon encombrant sac à dos, ai demandé à ma voisine de voyage de bien vouloir me laisser me mettre sur ma place (je prends toujours le siège fenêtre pour me perdre dans le paysage) et alors que je restais debout en attendant que les autres voyageurs s'installent pour repartir ranger mon sac à dos, sans réfléchir j'ai posé mon verre de thé sur mon siège qui s'est immédiatement renversé vers le siège de ma voisine et lui a brûlé les fesses peut-être au second degré (mais je n'en suis pas sûre, elle n'a pas voulu baisser son pantalon devant tout le monde pour me laisser vérifier).

Elle a jailli de son siège tel un diable de sa boîte (ou une femme brûlée aux fesses au second degré, au choix) et j'ai atteint le stade de mortification ultime - celui juste avant le désir de mort par combustion spontanée.

Mais la dame fort sympathique a semblé rassurée par le fait que son pantalon ne soit pas tâché et devant ma sincère contrition ne m'en a pas tenu rigueur. J'ai asséché sa partie de siège avec soin, ai posé délicatement mon mouchoir en tissu (oui je fais partie de ces personnes qui ont toujours de jolis mouchoirs en tissus sur elles, en plus des mouchoirs en papier jetables pour l'hygiène) et le reste du voyage s'est déroulé sans encombre dans la torpeur du premier tigivi du matin.

Je l'avais oublié toute amoureuse que je suis de notre ville d'adoption, mais pu...fichtre, que Paris est belle sous le soleil !

p.s : je vous épargne le récit de la provinciale qui souriait béatement en marchant dans les rues parisiennes et même dans le métro parisien, car je n'ai plus blessé personne alors c'est moins intéressant.

* jamais là quand il faut l'autre avec avec sa flûte !