Mis à part pour les livres (que je m'étais pourtant engagée à faire circuler), je ne suis pas une collectionneuse*, pourtant, je conserve toute mes correspondances depuis le collège, ainsi que les vieilles cartes postales que j'achète parfois dans les vide greniers.
J'aime acheter ces cartes d'un autre temps, où s'expriment l'affection, la tendresse ou l'amour (avec moins d'erreurs de syntaxe et d'orthographe que dans les CV d'aujourd'hui - dit la vieille peau). Je n'ai, à ce jour, jamais lu de carte postale exprimant de la colère ou quelque récrimination que ce soit, donc c'est également un baume pour mon cœur de lire tout cet amour.
Récemment, en même temps que des livres (que je m'étais pourtant engagée à ne plus acheter, même d'occasion et que je devais emprunter à la bibliothèque - comme si j'avais la patience d'attendre que le livre que j'ai envie de lire soit disponible), j'ai acheté un gros lot de cartes postales assez récentes.
Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais lorsque ce vendeur du site de seconde main le plus utilisé de France me les a vendues, mais il s'est avéré qu'il s'agissait de cartes postales adressées aux membres d'une même famille, sur une période d'au moins cinquante ans.
J'ai pris le temps de les lire en diagonal et ce fut passionnant.
Un arbre généalogique s'est dessiné au fur et à mesure, j'ai également assisté aux différents déménagements, jusqu'à l'entrée en maison de retraite. J'ai commencé à identifier qui avait le plus voyagé à l'étranger, notamment une femme seule dans les années soixante, dans des contrées peu touristiques. J'ai recueilli avec émotion ses impressions sur ces voyages audacieux pour l'époque.
Je n'avais pas beaucoup de temps, mais en une heure je me suis prise d'affection pour les membres de cette famille et me suis surtout demandé pourquoi personne n'avait cru bon de les conserver. J'ai eu envie de mener l'enquête, afin de retrouver un membre de cette famille encore vivant et me faire confirmer l'ordre des évènements familiaux et la place de chacun, mais ce serait tellement intrusif que je n'ai pas osé.
Ces cartes postales ont été le roman le plus passionnant de ces derniers mois.
Quant à la lampe de mineur achetée par mon amoureux lors d'un vide-greniers, elle a suscité en moi la même curiosité?
Quiconque a eu la chance de visiter le fabuleux musée de la mine de Saint Etienne (que je recommande chaudement, vous l'aurez compris), sait que les lampes étaient numérotées et attribuées à un mineur.
Aussi, cette lampe étant à priori issue d'une des mines de la région, j'avais dans l'idée de me renseigner sur d'éventuelles archives conservant les classeurs avec les noms, prénoms et numéros de lampes, dans l'espoir de retrouver le nom et le prénom de son propriétaire et voir si je ne pourrais pas la ramener à d'éventuels descendants (idée qui n'a pas du tout plu à monsieur son actuel propriétaire).
Mais comme je ne savais pas par où commencer, j'ai renoncé.
C'est quand même magique ce pouvoir de nous faire voyager et rêver qu'ont certains objets.
*Petitout me traite d'accumulatrice compulsive
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