"Imaginez que vous vous donnez soudain le droit d'être furieusement heureux. Oui, imaginez une seconde que vous n'êtes plus l'otage de vos peurs, que vous acceptez les vertiges de vos contradictions. Imaginez que vos désirs gouvernent désormais votre existence, que vous avez réappris à jouer, à vous couler dans l'instant présent. Imaginez que vous savez tout a coup être léger sans être jamais frivole. Imaginez que vous êtes résolument libre, que vous avez rompu avec le rôle asphyxiant que vous croyez devoir vous imposer en société. Vous avez quitté toute crainte d'être jugé. Imaginez que votre besoin de faire vivre tous les personnages imprévisibles qui sommeillent en vous soit enfin à l'ordre du jour. Imaginez que votre capacité d'émerveillement soit intacte, qu'un appétit tout neuf, virulent, éveille en vous mille désirs engourdis et autant d'espérances inassouvies. Imaginez que vous allez devenir assez sage pour être enfin imprudent.

Imaginez que la traversée de vos gouffres en vous inspire plus que de la joie. C'était tout cela être le Zubial."

Alexandre Jardin, Le Zubial

9.9.17

Je ne suis pas un robot

Dans les choses pour lesquelles je ne suis pas douée, en dehors de mathématiques, il y a les petites applications de sécurité.

Les outils de contrôle me laissent souvent perplexe et les échecs cuisants que je subis parfois pour ce qui semble être pourtant à la portée du premier imbécile venu, me fait douter des résultats de mes derniers tests psychométriques.

Ainsi, quand ils demandent sur une mosaïque d'images reconstituant une photo de cliquer sur les morceaux montrant des panneaux de signalisation je me plante toujours. Je n'ai pas réussi à comprendre si c'est parce que je suis trop tatillonne en comptant les images qui ne comprennent que des bouts de panneaux de signalisation ou si je ne le suis pas assez en omettant volontairement de cliquer sur les images des poteaux qui soutiennent ces panneaux de signalisation.

Ce problème ne me causerait pas autant de soucis si je ne venais pas d'échouer à un exercice encore plus simple, puisqu'il s'agissait de cliquer sur les images montrant une voiture et je peux jurer sur la tête de feu-mon-stérilet-mon-ex-meilleur-ami pour la vie, qu'il n'y avait pas le début du commencement de l'esquisse d'une voiture sur cette image. Alors j'ai cliqué sur « ignorer » comme j'étais invitée à le faire et ai été recalée.

Ces deux échecs coup sur coup ont sérieusement commencé à entamer ma confiance en soi et à me faire douter de ma vue, malgré mes 20/10 à chaque œil qui rendent mes fistons fous de jalousie. [Nous avions fait une visite de contrôle groupée chez l'ophtalmo et l'orthoptiste s'était extasié que j'aurais pu être une super pilote avec une telle acuité visuelle. Comme mes héritiers n'avaient QUE 12/10, ils ne cessent de pester depuis, en disant que pour être pilote je devrais commencer par être un peu meilleure en maths]

Bref ! Sachant ma vue bonne et mon cerveau normalement bien fait (sauf pour les maths), j'avoue être toujours désappointée quand je dois renseigner des lettres de l'alphabet de toutes les couleurs, tailles et tordues dans tous les sens. J'ai un vrai problème semble t-il avec le « i » majuscule qui se confond trop souvent avec le « l » minuscule, etc.

Re-Bref ! Je ne suis qu'une êtresse humaine (comme entendu récemment dans la bouche d'un enfant créatif) et ne m'en veuillez pas si parfois je renonce à publier un commentaire sur votre blog parce que le contrôle éprouve ma patience.


6.9.17

Sciences physiques et mathématiques

Il est de notoriété publique que je suis nulle en maths, à tel point que Petitout a failli réclamer pour moi la médaille Fields quand j'ai su reconnaître que le gros E de son exercice voulait dire "appartient à" et non pas Euros.

N'empêche, si mes calculs sont exacts 3 heures de massages par semaine, dont au moins une de palpé-roulé, c'est bien égal à 3 heures à suer sur des appareils de torture cardio dans une salle de sport, non ?

Tu seras un homme, mon fils

Comme pour vous tous avec la rentrée je suis sous l'eau et le doux souvenir des vacances s'éloigne trop vite, mais nous avons passé d'excellentes vacances (avec et sans enfants) et j'espère que vous aussi.
En juillet la Vendée et la Haute Savoie avec les enfants, puis en août mon bûcheron m'a offert un voyage en Finlande et en Estonie, c'était merveilleux. Nous y avons reçu un excellent accueil, il faisait très beau et nous étions ensemble.

Je vous ai surtout parlé de son physique appétissant mais ce n'est pas ce qui m'émeut le plus chez lui. C'est un homme simple, fiable et foncièrement honnête qui n'a qu'une parole. Il n'est pas rare quand j'entends parler sur France Inter d'un livre intéressant, que je me rende compte qu'il l'a déjà dans sa bibliothèque. Mais surtout, il va régulièrement rendre visite à sa maman en maison de retraite.

C'est après l'avoir accompagné la première fois rendre visite à sa mère que je suis irrémédiablement tombée amoureuse de cet homme-là.
Atteinte de Parkinson sa maman est assez âgée, elle a de nombreuses absences, mais tout comme ses frères (et contrairement aux soignants) il ne bêtifie jamais en s'adressant à elle. Il fait appel à son intelligence, sollicite sa mémoire, la tient informée des actualités de sa commune, lui donne des nouvelles de ses proches, se montre patient et attentionné. Il la respecte et l'aime tout simplement. Elle a visiblement été une mère aimante, bienveillante et discrète qui ne s'est jamais imposée dans la vie de ses enfants, tout en se montrant disponible. Elle transpire la gentillesse.

J'aime l'accompagner voir sa mère parce que même si elle ne parle plus beaucoup son regard est toujours aussi vivace, j'adore l'entendre s'esclaffer quand son fils la fait rire et j'ai cru remarquer qu'elle apprécie mes névrosiades.

Le régime alimentaire proposé dans cette maison de retraite n'est pas des plus palpitants, aussi, après qu'un membre du personnel m'ait indiqué qu'il est tout à fait possible d'améliorer le quotidien en apportant de temps en temps des aliments qui ne sont pas contre-indiqués à son régime alimentaire, tu imagines bien ami lecteur que je m'en donne à cœur joie.

Qui a dit que parce qu'on est vieux et malade on n'a plus droit de satisfaire ses sens*?

Elle ne peut boire que des boissons gazeuses, aussi je recherche régulièrement des boissons pétillantes (bio de préférence) et pas trop sucrées, mais de temps en temps alcoolisées quand même (on ne vit qu'une fois faut pas déconner !). Je lui apporte également des fruits frais (c'est hallucinant, ils ne leur en donnent jamais), des pâtisseries, mais aussi des fleurs fraîches pour le plaisir des yeux et pour parfumer sa chambre.
 Si vous connaissez des boissons qui pourraient faire son bonheur et un parfum d'ambiance à base d'essences naturelles qui soit un désodorisant efficace également sans être trop entêtant, je suis preneuse et vous en saurai gré.

*Petitout m'a promis que quand je serai vieille, même si je suis malade, il m'emmènera en douce de bonnes bouteilles de vin à la maison de retraite. Je l'adore celui-là.


Parents, gardez espoir !

Je n'aurai vécu toutes ces années que pour vivre ce moment.
Oui, ami lecteur, c'est arrivé et ce n'est ni de la science-fiction, ni un rêve éveillé, ni un mirage...

Après des années de disputes incessantes, de chamailleries diverses et variées et de clashs bien nourris de ma descendance, aujourd'hui ami lecteur j'ai vécu CE grand moment.

Petitout peinait sur un exercice de mathématiques, il est donc allé demander de l'aide à son grand frère.
[Pause dans le récit]
Ami lecteur, toi aussi tu sais apprécier ce miracle car tu sais que Petitout, fier parmi les fiers, n'a jamais demandé d'aide de sa vie. Petitout c'est quand même le seul nourrisson de toute l'histoire de l'humanité qui en sortant du ventre de sa mère a attrapé le cordon ombilical pour le couper lui même avec ses jeunes gencives... Et j'exagère à peine.

Bref ! Petitout est allé tout simplement demander de l'aide à son grand frère, puis second miracle :
TOUTGRAND L'A AIDE !
Sans faire d'histoires, simplement, avec bonne volonté et sans négocier de récompense.

Tu imagines bien, ami lecteur, que les larmes me montaient déjà aux yeux, quand Toutebelle s'est spontanément mêlée à leur conversation, pour donner à Petitout également son avis sur la question... et ses frères l'ont écoutée attentivement !!! Ils ont lui ont même donné raison.

Bon, là j'avoue j'ai cru à une caméra cachée de ma descendance pour faire le buzz sur You*tube, mais non c'était POUR DE VRAI !

Pour me remettre de toutes ces émotions je me suis dirigée vers la salle de bain pour récupérer le linge sale afin de lancer une lessive (ce doit être une association psychologique inconsciente du genre, laver le linge pour y voir plus clair), quand en passant devant la chambre de Toutgrand dont la porte était ouverte j'ai failli avoir une crise cardiaque : Toutgrand a rangé sa chambre cet après-midi PARFAITEMENT !
Attention, je ne dis pas, correctement, juste ce qu'il faut pour avoir la paix quand sa mère le lui demande, non : PARFAITEMENT ! Et de sa propre initiative.

C'est vraiment trop trop bien quand ils grandissent.

22.7.17

Ces choses inavouables que je ne peux dire qu'à vous...

Je suis une fan inconditionnelle de Pierre Bellemare.

Je dois avoir lu plus de la moitié de ses récits, même les plus improbables. J'ai un plaisir à l'écouter à la radio qui rend mon amoureux presque jaloux.
Il préfère de loin que je lise ses récits les plus effrayants le soir quand nous sommes ensemble, afin de me blottir dans ses bras musclés pour réussir à m'endormir.

Vous ai-je dit que les biceps de mon bûcheron m'ont littéralement fait fondre lors de notre première rencontre ? Non pas qu'il soit de ces bodybuildés qui les exhibent vulgairement, non, mon homme est un terrien qui n'a pas peur des travaux physiques et a développé un corps à l'avenant, tout comme ses frères élevés au même régime.
*Petite pause dans le récit : ne le lui répétez pas car il déteste que je vante son physique, monsieur est modeste et n'aime pas que je le traite en chippendale... il n'empêche, je suis folle de son corps.
J'ai tenté de le prendre en photos endormi nu et superbe comme une statue de Michel-Ange, à son insu, mais monsieur a surpris mon manège et supprimé lesdites photos.
Il m'a accordé quelques clichés en maillot de bain la semaine dernière, je vais éviter de les emmener au boulot, je ne pourrais plus me concentrer.* Fin de la petite pause dans le récit.

Bref ! Je suis fan de Pierre Bellemare, pour sa façon de conter, autant que de Lucchini pour son phrasé distrayant et sa truculence, même exagérée.
Si on considère que récemment, en pleine crise nostalgique, j'ai écouté du Gilbert Montagné, je gage que plus personne ne voudra m'adresser la parole.



5 fruits et légumes par jour

Il paraît que c'est bon pour la santé, mais j'ai encore mieux pour être en bonne santé : 5 petits ou grands plaisirs par jour.

Avec la séparation, puis le divorce, très difficiles mes enfants ont traversé ces dernières années des moments extrêmement tristes et anxiogènes, alors comme le soir quand nous dînions ensemble les longs silence ou les disputes (pour évacuer les tensions) me tordaient le cœur j'avais mis au point un rituel.
Après que chacun ait raconté sa journée, ses problèmes et ses états d'âme (en nous écoutant respectueusement les uns les autres), nous devions pour clore la conversation, avant de quitter la table, raconter obligatoirement chacun 3 bons moments de notre journée.

Les premières fois nous eûmes bien du mal à trouver ces 3 choses qui nous avaient fait plaisir, puis ce fut de moins en moins difficile, puis il y en eut rapidement plus de 3. C'est souvent que nous finissons le dîner avec le sourire et le gardons jusqu'au moment de nous endormir.

Avec le temps je me suis rendue compte qu'inconsciemment nous avons tous tendance à provoquer ces bons moments que nous avons plaisir à nous raconter le soir et s'il est vrai que la fatigue, mon travail stressant, l'adoleschiance (copyright Bellzouzou) et les examens de fin d'année scolaire ont trop souvent eu raison de notre bonne humeur ces derniers mois, je constate avec plaisir que désormais mes enfants n'attendent plus le dîner pour me raconter leurs bons moments de la journée. Dès que je passe la porte de la maison en rentrant du boulot, ils se jettent sur moi pour les partager.

Mes enfants avaient tous plus de 10 ans quand nous avons commencé, mais j'imagine que ça fonctionne bien avec de plus jeunes.
J'en discutais avec des copines qui ont été séduites par le concept et l'appliquent également chez elles, alors je suis heureuse de le partager avec vous.

A consommer sans modération.

30.6.17

Liiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiibre

Ô zamis si tu savais, tout le mal que l'on m'a fait, en cette fin d'année, j'ai cru mille fois trépasser.

Rien ne sera jamais plus pareil, j'ai vu plus d'horreurs que de merveilles, les profs sont devenus fous à lier, ô zamis je t'en prie, viens m'achever, ooooooooooooooooooh.

Ô zamis si tu savais, les partiels et le brevet, déjà c'était bien chiant, mais y a avait aussi l'bac de français.

Et oui, sur l'air de qui tu sais et même que tu vas l'avoir dans la tête toute la soirée. Ne me remercie pas, c'est cadeau.


2.6.17

Tout pareil - le portrait chinois

En suivant l'exemple d'Anne et de Daphnénuphar. Si j'étais...

une couleur : cuivrée

une fleur/plante : une pivoine ou un coquelicot

un objet : un mouchoir en tissu

une heure : Entre 4 et 5h de mat, c'est l'heure où mon cerveau se libère de toutes mes idées pour me permettre d'écrire quand je ne suis pas trop fatiguée.

un lieu : assise à table sur notre terrasse les soirées assez chaudes pour que nous dînions ensemble (en riant souvent trop fort).

un animal : un phénix

quelqu'un d'autre : celles et ceux auprès desquels je me sens bien dans le silence.

un plat : une salade composée

un paysage : dégagé et offrant des lumières différentes

un sport : le basket, pour l'adrénaline qu'il me donne encore, sinon la voile pour la sensation de liberté qu'elle m'offre.

un instrument de musique : la voix

un gâteau : le Pithiviers, le premier réussi seule

un vêtement : une robe en coton

une matière : la plus proche possible de celle de la peau

une émotion/sentiment : l'espoir

Chic odeur

Le TGV doit être pour moi une sorte de 3ème dimension, mon triangle des Bermudes, où il ne m'arrive que des choses improbables. Et encore je ne vous ai pas raconté la fois où une jeune femme (à laquelle je n'avais rien demandé) m'a raconté sa vie pendant tout le trajet, un mélange de Rémi sans famille, princesse Sarah, les misérables et Germinal ; ni la fois où seule dans la voiture de 1ère avec un WASP façon bourgeoisie lyonnaise, il a absolument voulu me parler pendant la fin du trajet en me dévorant des yeux et m'a embrassée sur la bouche (sans que je l'y ai autorisé, soyons clairs) en arrivant à quai avant de se sauver à toute vitesse, me laissant coite. Et j'en oublie.

Je disais donc que le TGV est décidément pour moi le lieu de toutes les rencontres, plus ou moins intéressantes, plus ou moins surprenantes, mais toujours intenses visiblement.

Tout comme cette dernière fois où une odeur, que je perçus au moment une élégante dame s'assit en face de moi, me saisit de façon embarrassante.
Il se trouve que j'ai l'odorat très sensible, au point que je peux détecter à un mètre celui qui a bu le moindre le verre d'alcool (si je suis sobre), a fumé la moindre cigarette (si nous ne sommes pas dans un lieu enfumé) et a oublié de se brosser les dents, si je suis face à lui.
Un odorat digne d'un cochon truffier vous disais-je donc (voire d'une cochonne amatrice de glands, dirait mon médisant ex-époux), qui tolère difficilement les aisselles adolescentes en mode vacances et plus mal encore les voisins fumeurs qui pensent que l'air ne circule pas.

Aussi, quand dame l'élégante, avec son joli haut, son joli sourire et ses jolies mèches Franck Provost s'est assise en face de moi, ce ne fut pas : « le poids des mots, le choc des photos », mais plutôt "comment est-ce possible de sentir l'égout à ce point et de continuer de sourire comme si de rien n'était ???"
Pour être tout à fait franche, j'ai d'abord soupçonné le voisin de derrière, portant un tee-shirt acrylique que j'aurais pu incriminer, mais plus les secondes passaient (plus lentement que d'habitude me semble t-il, « ô longue agonie »), plus je réalisais que la fautive ne pouvait être que la souriante et fétide ménagère de moins de 50 ans chic assise en face de moi.

Étant déjà très fatiguée par mon périple parisien, je n'avais que moyennent envie d'empirer mon mal de tête en m'infligeant l'épreuve de passer 2 heures à respirer son fumet. Et pourtant j'avais expérimenté le métro parisien aux heures de pointe par des journées de grande chaleur, alors autant dire que rien ne m'effrayait, mais là c'était de l'odeur putride de compétition. Aussi, sans aucun tact, j'ai plié mes affaires et me suis repliée loin derrière dans la voiture pour m'installer sur un siège libre.

En me levant j'ai entendu la dame dire aux deux jeunes filles qui se trouvaient dans la rangée d'à côté d'une voix amusée : « je sens bien qu'il y a un problème... je sais que je sens mauvais ».
J'étais stupéfaite. Peut-être cette pauvre femme était-elle atteinte de triméthylaminurie, mais je n'ai pas la compassion olfactive, même s'il m'est arrivé à moi aussi de faire de mauvais choix vestimentaires que ma peau ne tolérait pas.

Ce qui m'a le plus étonnée c'est que cette dame semblait véritablement satisfaite de sentir mauvais. Elle ne semblait pas le moins du monde gênée, c'était presque comme si elle l'avait fait exprès pour une caméra cachée ou pour relever les réactions des autres voyageurs afin de répondre à une étude sociologique sur la résistance olfactive des usagers de la SNCF.

A vous je peux le dire, j'ai peur de retourner dans le TGV...

28.3.17

Blogger ça suffit !

D'abord y a eu Daph qui a dit qu'elle ne pouvait plus laisser de commentaires depuis un moment visiblement, puis là j'ai vu sur ma messagerie que Zozostéo a laissé un commentaire alors qu'il n'apparaît pas sur le blog... Je ne sais pas ce que trafique Blogger mais croyez-bien que je vous aime toujours et que c'est bien indépendant de ma volonté.

Comme je suis d'une incompétence informatique souveraine je vais faire brûler des cierges virtuels en espérant que ça fonctionne à nouveau quand ça le décidera. Soupir

In ze tigivi

Pleinement consciente de ma chance de pouvoir partir en formation, alors que nos éducateurs nationaux peinent à obtenir ce qui est à la fois un droit et un devoir, j'étais excitée comme une collégienne à la veille de son premier rendez-vous au cinéma avec un garçon (même boutonneux).

Prévoyante, j'avais rempli le frigo à ras bord (sait-on jamais qu'une guerre mondiale se déclare sous 48h et que ma descendance décide de se gaver de pâtes et biscuits bios pour se rassurer – les réflexes psychologiques maternels sont parfois fascinants d'incohérence), préparé moult plats à réchauffer (alors que même le plus jeune de mes enfants est assez débrouillard pour se préparer les plats de base ), lavé et rangé tout leur linge dans leurs armoires (sait-on jamais, la météo fort clémente annonçait de belles journée ensoleillées, mais prises de folie mes têtes multicolores auraient pu décider de porter en superposition tous leurs vêtements justement ces deux jours-là) et parfaitement nettoyé et rangé la maison avant de partir (tout en sachant que je ne manquerais pas d'être extrêmement exaspérée par le bazar que je trouverais à mon retour).

Bref ! Je partais l'esprit tranquille et les baskets aux pieds. J'aurais pu opter pour le style follement élégant de ces femmes qui semblent vouloir laisser aux autres voyageurs un souvenir impérissable en arborant une mise impeccable, l'air détaché et légèrement hautain de la voyageuse aguerrie, mais je suis moi hein ! Alors l'élégance folle je veux bien, mais pas quand j'ai décidé de remplacer mon très élégant sac de voyage (mais ô combien inconfortable porté sur l'épaule quand il est trop chargé) par un sac à dos décontracté et chic à la fois.

J'avais donc pris soin d'embrasser ma descendance la veille avant son endormissement, car je devais me réveiller à 4h30 pour aller attraper le premier métro, puis le premier tigivi.
NOTA : j'suis pas une trouillarde, hein, mais il ne fait pas bon se promener dans les rues sombres et vides de la ville au petit matin quand Petitout, ton fils bien aimé, t'a expliqué quelques jours auparavant la recrudescence des rats des villes* de plus en plus agressifs, qui semblent poser bien des soucis aux services d'hygiène de la métropole dans laquelle vous vivez. Je suis presque certaine d'avoir entendu une bande de rats comploter pour savoir par quelle partie de ma charnue anatomie ils allaient attaquer lorsqu'ils se jetteraient tous ensemble sur moi pour me dévorer, mais pour ma défense je n'avais réussi à dormir que 2 heures cette nuit-là.

Vous l'aurez compris, toute au stress de laisser mes bébés... [Aparté : Oui, on peut avoir respectivement 19 ans, 16 ans et 14 ans, mesurer plus de 2 mètres pour l'aîné et les atteindre allègrement pour le plus jeune, avoir désormais un corps et un esprit féminin, pour la représentante au chromosome XX du groupe et rester dans le cœur et la tête de sa maman : son bébé.
Ne vous épuisez pas à essayer de me faire entendre raison sur ce point, je sais que ce sont désormais des adultes (ou presque), je les traite comme tels, reconnais leur maturité et leur capacité à faire face aux problèmes avec intelligence et détermination, mais je vous jure que même si je ne dis rien pour les laisser se confronter à la vie, lorsque l'on s'en prend à eux au fond de moi je suis tellement en colère que c'est comme une transformation en Hulk de l'intérieur. Dans ces cas-là ce sont mes bébés qu'on attaque et j'ai envie de déchiqueter l'agresseur avec mes dents, même si je semble impassible. Ce doit être hormonal, je pense.]... je m'étais agitée jusqu'à l'épuisement, avais peu dormi mais réussi à me réveiller à l'heure et me doucher en un temps record.

Re-bref ! Je partais guillerette, sereine et en me disant que c'est drôlement chouette quand vos enfants grandissent et je suis arrivée à l'heure en gare tigivi. Je me suis d'abord amusée à observer le public des grandes gares à la première heure, ai décidé à la dernière minute de m'acheter un thé et une viennoiserie pour me sustenter dans le tigivi et c'est toujours aussi guillerette que je suis montée dans ce dernier avec le sourire béat de la provinciale qui a l'impression d'aller conquérir le monde, alors qu'elle se rend juste dans la capitale, où elle a vécu pendant plus de 30 ans, rappelons-le.
La provinciale guillerette et agaçante avec son sourire 10000 lux de 6h du mat, a dû entrer à toute vitesse dans la voiture en partie basse. En arrivant au niveau de mon siège j'ai réalisé que je devais enlever mon encombrant sac à dos à toute vitesse pour le poser entre les deux rangées de sièges derrière moi et toute à ma hâte de le retirer de mon épaule assez vite pour laisser les autres voyageurs accéder au fond de la voiture dans cette allée étroite, mon sac trop lourd a basculé soudainement et à moitié assommé une voyageuse déjà installée dans le siège le plus proche.

Confuse, j'ai platement présenté mes excuses à la dame qui semblait peu encline à me pardonner. Je ne savais plus où me mettre (au sens propre comme au figuré) alors j'ai attrapé mon encombrant sac à dos, ai demandé à ma voisine de voyage de bien vouloir me laisser me mettre sur ma place (je prends toujours le siège fenêtre pour me perdre dans le paysage) et alors que je restais debout en attendant que les autres voyageurs s'installent pour repartir ranger mon sac à dos, sans réfléchir j'ai posé mon verre de thé sur mon siège qui s'est immédiatement renversé vers le siège de ma voisine et lui a brûlé les fesses peut-être au second degré (mais je n'en suis pas sûre, elle n'a pas voulu baisser son pantalon devant tout le monde pour me laisser vérifier).

Elle a jailli de son siège tel un diable de sa boîte (ou une femme brûlée aux fesses au second degré, au choix) et j'ai atteint le stade de mortification ultime - celui juste avant le désir de mort par combustion spontanée.

Mais la dame fort sympathique a semblé rassurée par le fait que son pantalon ne soit pas tâché et devant ma sincère contrition ne m'en a pas tenu rigueur. J'ai asséché sa partie de siège avec soin, ai posé délicatement mon mouchoir en tissu (oui je fais partie de ces personnes qui ont toujours de jolis mouchoirs en tissus sur elles, en plus des mouchoirs en papier jetables pour l'hygiène) et le reste du voyage s'est déroulé sans encombre dans la torpeur du premier tigivi du matin.

Je l'avais oublié toute amoureuse que je suis de notre ville d'adoption, mais pu...fichtre, que Paris est belle sous le soleil !

p.s : je vous épargne le récit de la provinciale qui souriait béatement en marchant dans les rues parisiennes et même dans le métro parisien, car je n'ai plus blessé personne alors c'est moins intéressant.

* jamais là quand il faut l'autre avec avec sa flûte !