"Imaginez que vous vous donnez soudain le droit d'être furieusement heureux. Oui, imaginez une seconde que vous n'êtes plus l'otage de vos peurs, que vous acceptez les vertiges de vos contradictions. Imaginez que vos désirs gouvernent désormais votre existence, que vous avez réappris à jouer, à vous couler dans l'instant présent. Imaginez que vous savez tout a coup être léger sans être jamais frivole. Imaginez que vous êtes résolument libre, que vous avez rompu avec le rôle asphyxiant que vous croyez devoir vous imposer en société. Vous avez quitté toute crainte d'être jugé. Imaginez que votre besoin de faire vivre tous les personnages imprévisibles qui sommeillent en vous soit enfin à l'ordre du jour. Imaginez que votre capacité d'émerveillement soit intacte, qu'un appétit tout neuf, virulent, éveille en vous mille désirs engourdis et autant d'espérances inassouvies. Imaginez que vous allez devenir assez sage pour être enfin imprudent.

Imaginez que la traversée de vos gouffres en vous inspire plus que de la joie. C'était tout cela être le Zubial."

Alexandre Jardin, Le Zubial

1.12.22

De nouveau(x) gâteux

 Je ne sais pas si je suis la femme la plus associable de l'univers, mais je commence à me dire que oui.

J'aime penser "il faut en toute chose mesure garder", sans jamais le faire. Ainsi, même en l'absence de froid cinglant et en maniant toujours la tapette pour écraser les mouches qui auraient mieux fait d'hiberner, je suis en plein Christmas groove. Je sens bien que j'ai passé un cap, vu que j'ai commandé une robe de mère Noël, que je compte bien porter à la moindre occasion, jusqu'au grand jour. J'ai dépensé quasiment un mois de salaire, pour offrir de beaux présents à mes précieux et je suis ruinée mais ravie.

Bref ! Vous aurez compris que mon tempérament ne me porte pas à la tempérance. Il n'empêche, je n'en peux plus de mes amis nouveaux grand-parents.

Ils me font penser au fameux sketch de Florence Foresti, à l'époque au sujet des nouveaux parents, qui s'applique tout aussi bien aux nouveaux grand-parents. Impossible d'avoir une discussion d'adultes, surtout si le miochon est dans les parages, car chacune de ses actions (même regarder, je le jure sur feu-mon stérilet) semble relever d'un exploit digne du Guinness book at least.

Entendons-nous bien. Je suis moi-même une future grand-mère enthousiaste et d'ores et déjà amoureuse de sa nombreuse descendance, pour laquelle je rachète par avance d'occasion toute la collection Fleurus des imagiers et refais le stock de Kapla (à vot' bon cœur m'sieurs-dames !).

Il n'empêche, que le cul me pèle si quand la chair de ma chair de ma chair et la cellulite de ma cellulite de ma cellulite sera là, je m'avérais (j'en doute de la concordance des temps, c'est dire si je suis émue) incapable d' avoir une vraie discussion normale* avec mes amis.

Pfiou ! Ça fait du bien quand c'est dit. 

*N'est normale que la normalité Forrest.

20.11.22

The French kiss

Je me faisais la remarque qu'avec mon premier amoureux, nous nous faisions de langoureux French kisses, même en dehors des moments de galipettes.

Ma question s'adresse aux personnes en couple depuis des années, Pourriez-vous me dire, s'il vous plaît, s'il vous arrive encore de partager un langoureux French kiss avec votre partenaire en dehors de votre lit ?

Merci pour votre participation à cette étude sociologique très intéressée. 


19.11.22

Mon Paul Bocuse

Mon amoureux peut s'avérer surprenant dans la vie de tous les jours, sauf pour ce qui concerne les moments où il décidera de me faire passer à la casserole.

Comme ce grand névrosé de la ponctualité, ne supporterait pas de d'être en retard au boulot, du lundi au vendredi matin mes hanches sont en paix*. Mais le reste du temps, rien ne peut freiner son appétit pantagruelique.

Ce dont j'aurais mauvaise grâce à me plaindre, assurément, consciente de ma chance d'avoir trouvé un partenaire fort, souple et endurant.

Néanmoins, amoureux et passionné comme au premier jour, je crains que mon jeune époux ne se rende pas compte que je n'ai plus l'élasticité de mes 20 ans et que ses figures imposées, dignes de contorsionnistes du cirque de Pekin, s'avèrent de moins en moins confortables pour moi.

Aussi, j'ai fait le choix d'investir dans des jouets pour adultes, afin de détourner subtilement son attention, le temps de laisser mon vieux corps récupérer... 

Ça semble fonctionner, mais pour combien de temps ? 

*sauf si je viens de changer les draps, parce que là c'est baptême obligatoire. 


13.11.22

Le temps qui passe

Très récemment Petitout a fêté ses 20 ans et je me suis souvenue que je vous racontais ici ses premiers pas à l'école maternelle.

Certes, ça ne me rajeunit pas, mais vous non plus, hein !

Soyez rassurés, je vous épargnerai les récits au sujet de mon arthrose débutante, je ne compte pas non plus devenir une mémère à chats, ni comparer les marques de laine et vous parler de mon dernier tricot. 

Il sera désormais question de ma quête de la bouchée parfaite, avec quelques allusions seskuelles en passant. 



18.9.22

La chaleur des êtres

L'une des premières missions que je me suis données en devenant maman est d'apprendre le bonheur à mes enfants.

Et pour moi le bonheur c'est savourer des instants précieux. Ce peut être contempler un beau coucher de soleil, se réjouir d'une belle lumière dans le ciel, se régaler au fil des pages d'un livre, chanter avec plaisir sur ses chansons préférées même si on ne pourrait pas participer à un télé-crochet, savourer une bouchée parfaite, savourer une gorgée parfaite, caresser la peau de la personne que l'on aime, embrasser et étreindre une personne que l'on aime, danser sur ses musiques préférées, flotter de joie en sortant du cinéma, sentir le délicieux parfum du serpolet en marchant dans le jardin, rire autour d'un bon repas avec des personnes que l'on aime... Et faire de belles rencontres.

Plus encore que lorsque j'étais jeune, je trouve que ça vaut la peine de parler à des inconnus, car bien souvent on a de belles surprises.

Pendant une période j'ai aimé regarder les périgrinations de Nans et Mouts. Mais, assurément, mon extrait préféré est celui-là.


https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=pfbid022LzVwcJVLVhekaEb3HFCMB7bYqMymTpfJ6FY7fXoXxwaw4qUJsjHbAAufJumV1zal&id=1358786156&sfnsn=scwspmo

3.9.22

La kiffance

 C'est mon premier week-end sans RIEN de prévu depuis... Me souviens plus !

C'est savoir que mes têtes multicolores vont bien là où elles sont. 

C'est avoir quelques démarches administratives désagréables à faire pendant 4-5 heures, mais se préparer à les faire en se disant qu'il y a toujours plus malheureux que soit.

C'est se promener à Oualpé dans la maison en dansant, sous le regard amusé de son amoureux.

C'est avoir le temps de lire l'un des deux trop chouettes bouquins que m'a offerts ma Bellzouzou pour mon anniversaire, quand je suis allée à son anniversaire (tu suis ? ).

C'est te réveiller la nuit, sans t'énerver à essayer de te rendormir de peur d'être encore plus fatiguée au travail.

C'est ne pas avoir à faire la cuisine et manger tous les restes tout le week-end. 

C'est ton chéri qui est trop content parce qu'il va passer la journée à pratiquer son art martial préféré.

C'est toi qui es trop contente que ton chéri soit trop content parce qu'il va passer la journée à pratiquer son art martial préféré, vu qu'il ne sait pas ne rien faire et que tu as bon espoir de t'offrir un bon bain de rienfaisance d'au moins trois heures dans le week-end.

C'est te demander ce qu'il y a au cinoche et réaliser que tu n'y es pas allée depuis des mois alors que tu adores ça. 

C'est décider, le temps d'une journée seulement, d'essayer d'arrêter de te faire du souci pour tes parents, d'arrêter de te faire du souci pour les deux amis de Petitout qui vivent depuis des mois des périodes financièrement, familialement et psychologiquement difficiles, d'arrêter de te faire du souci pour Petitout qui est si malheureux pour ses amis qu'il rumine jour et nuit et ne savoure pas comme il le devrait les fruits de son beau travail, d'essayer d'arrêter de t'inquiéter des tomates à presque 5 euros le kilo, du porc dont le prix au kilo a doublé, du bœuf devenu inaccessible, tout autant que le fromage, d'arrêter de t'inquiéter pour la crise économique qui s'annonce et pour ces personnes de ta connaissance qui galerent déjà tellement, que tu crains de les retrouver sur le carreau. C'est essayer d'arrêter de penser. 

C'est te dire qu'il va vraiment falloir créer un potager et faire des conserves pour tes enfants, en prévision. 

C'est être fière de toi car tu as drastiquement diminué ta consommation d'alcool, parce que tu t'etais rendue compte pendant les semaines de canicule que certaines bières étanchaient ta soif mieux que l'eau et que ça inquiétait Petitout.

C'est décider d'essayer la meditation de pleine conscience pour essayer de déconnecter ton cerveau pendant quelques minutes, parce que rien d'autre n'a marché. 

C'est te dire que tu vas enfin avoir le temps de te faire une pédicure (à la fin de l'été et des nus-pieds il était temps) et une manucure.

C'est te dire que tu ferais bien de ranger tes vêtements après avoir rangé la maison et te dire que ça pourra bien attendre le prochain week-end car finalement celui-ci est déjà. bien rempli.

C'est penser au prochain Noël et te réjouir par avance des retrouvailles avec tes têtes multicolores en mode cocooning-chocolat-chaud-biscuits-films et contes de Noël et gros câlins. 

C'est te dire qu'il faut aussi savoir apprécier l'instant présent et te rendormir en vous souhaitant un excellent week-end. 

29.8.22

Sur le divan

Quand nous avons commencé nos blogs, pour la plupart il y a plus de quinze ans, c'était principalement pour partager nos préoccupations concernant nos jeunes enfants, nos couples, ou notre travail. 

Nous avons vaillamment surmonté l'épreuve de l'adolescence de nos enfants.
Quelques divorces et quelques interrogations diverses plus tard, nous commencions tout juste à souffler lorsque deux nouvelles préoccupations ont pointé leur nez : les beaux-enfants et les parents vieillissants. 

Une amie de longue date me disait récemment : "C'est fou la confiance que tu places en tes enfants. Depuis toujours tu les trouves merveilleux."
Et c'est vrai. Ils ne sont pas parfaits, bien heureusement, ils parviennent à m'énerver considérablement (et réciproquement), mais je suis immensément fière des adultes qu'ils sont devenus, aussi j'ai toute confiance en leur jugement pour aimer des personnes merveilleuses. 

Par contre, les parents vieillissants c'est une autre affaire. 

Chacun de mes parents mériterait un roman, mais on ne rirait pas souvent. Ils ont été aimants, à leur façon, mais je peux vous confirmer que les défauts s'accentuent avec le temps. 

Démonstration : 

Ma mère à insisté pour être présente le jour de mon anniversaire, aussi je lui ai payé le billet, suis allée la chercher à la gare tgv et à peine arrivée à la maison elle s'est plainte que je n'aie pas acheté son champagne préféré pour trinquer à ce qui est (selon elle) aussi son anniversaire, puisque c'est elle qui m'a mise au monde...
Mon repas d'anniversaire lui aura servi à annoncer l'organisation de ses trois prochaines fêtes d'anniversaire. 

Les jours suivants elle boudera copieusement, sans raison autre que le fait que l'on ne s'occupe pas assez d'elle, à son goût. 

Pendant le week-end j'aurai l'outrecuidance de me soucier de la santé de mon amoureux, très exceptionnellement souffrant et j'essuierai moult moqueries et autres pics de jalousie de sa part. Des amis de passage l'entendront longuement se plaindre du fait que je sois une mauvaise fille qui ne se réjouit pas d'avoir sa maman chez elle pendant tout un mois ou pour l'emmener en vacances. 

Et quand la veille de son départ elle percevra ma hâte de retrouver la quiétude de notre quotidien, elle simulera (? "Pierre et le Loup") un mal de dos l'empêchant de rentrer chez elle. Et pendant des heures elle se plaindra au téléphone, à qui voudra l'entendre, de sa fille indigne qui ne prend pas soin de sa vieille mère souffrant le martyre au point de ne pouvoir marcher, alors-même que deux jours auparavant elle passait des heures au téléphone pour s'occuper de son mari à peine malade. 

Le soir-même je l'emmènerai chez l'ostéopathe, mais ce ne sera manifestement pas suffisant puisqu'elle passera les journées suivantes dans la chambre au téléphone à se plaindre à qui voudra l'entendre. 

Et le week-end nous recevrons des amis, qu'elle commencera par snobber en nous rejoignant 45 bonnes minutes après leur arrivée (il faut bien soigner son entrée), mais elle les trouvera bien sympathiques quand ils me feront des compliments, ainsi qu'à mes enfants, car après tout comme c'est elle qui m'a mise au monde, tous ces compliments s'adressent à elle en réalité.

Prétextant une petite sieste, elle ira enfiler une nouvelle tenue pour dire au revoir à nos invités, accrochée au bras de son petit-fils, telle la reine-mère en son royaume. 

Et toute à la joie d'avoir vu du monde et reçu enfin les compliments escomptés avec sa seconde tenue, enfin, elle se deridera et se montrera aimable et souriante les trois derniers jours parmi nous (sur quatorze).

Il faut bien soigner sa sortie, qui sait, des fois que je ne serais pas pressée qu'elle revienne. 


Voyage en amitié

 Nous sommes sur la route du retour et c'est mon amoureux qui conduit, alors pour une fois je n'ai rien d'autre à faire que dormir ou écrire.

Quel bonheur que de faire partie des quelques privilégiés conviés à fêter les quatre fois douze ans et demi de notre Bellzouzou internationale.

Quel bonheur que de voir son joli monde au grand complet : les descendants beaux et bien sympathiques, mais personne n'en doutait, l'ascendante belle et bien sympathique, mais personne n'en doutait, les pièces rapportées belles et bien sympathiques, mais personne n'en doutait, les amis de toujours, beaux et bien sympathiques, mais personne n'en doutait, ls copains theatreux talentueux, beaux et sympathiques, mais personne n'en doutait.

Mes deux héritiers, heureux d'être de la partie, alors-même qu'habituellement ils fuient tout rassemblement de personnes de plus de 20 ans.

Mon amoureux, bien content aussi, affichant un sourire radieux, malgré des nuits courtes et des kilomètres de route. 

Nous avons bien ri, bien mangé, bien chanté, raisonnablement bu et déraisonnablement embrassé. 

Merci chère Bellzouzou adorée et à très vite. 

Bisous