"Imaginez que vous vous donnez soudain le droit d'être furieusement heureux. Oui, imaginez une seconde que vous n'êtes plus l'otage de vos peurs, que vous acceptez les vertiges de vos contradictions. Imaginez que vos désirs gouvernent désormais votre existence, que vous avez réappris à jouer, à vous couler dans l'instant présent. Imaginez que vous savez tout a coup être léger sans être jamais frivole. Imaginez que vous êtes résolument libre, que vous avez rompu avec le rôle asphyxiant que vous croyez devoir vous imposer en société. Vous avez quitté toute crainte d'être jugé. Imaginez que votre besoin de faire vivre tous les personnages imprévisibles qui sommeillent en vous soit enfin à l'ordre du jour. Imaginez que votre capacité d'émerveillement soit intacte, qu'un appétit tout neuf, virulent, éveille en vous mille désirs engourdis et autant d'espérances inassouvies. Imaginez que vous allez devenir assez sage pour être enfin imprudent.

Imaginez que la traversée de vos gouffres en vous inspire plus que de la joie. C'était tout cela être le Zubial."

Alexandre Jardin, Le Zubial

22.2.26

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C'est le nombre de billets que j'ai écrits ici en une vingtaine d'années (publiés ou pas), y compris celui-ci.

Je me souviens qu'à l'époque où j'ai commencé à surfer sur la blogosphère je me sentais seule dans ma vie de couple avec un informaticien qui travaillait beaucoup la semaine et passait ses week-ends à écrire ses dizaines de romans et publications associatives, tandis que je me débattais avec l'éducation de trois jeunes enfants. Je me souviens m'être rappelé que j'aimais écrire moi aussi et avoir découvert les blogs, arrivés juste après les pages personnelles internet et avant les comptes insta.

Je me souviens de la douce folie, la joie et de la fraîcheur qui se dégageait du blog de notre chère Bellzouzou dès le premier billet/post que j'ai lu. Cette joie ne s'est pas arrêtée, merci à toi ma chère amie de continuer de nous régaler.

Au début écrire ici c'était jeter une bouteille à la mer. Je me disais que quelqu'un quelque part me lirait et ça me suffisait. Et puis j'ai eu quelques commentaires, dont celui de Bellzouzou qui m'a encouragée à continuer, alors j'ai continué. Mais avec le succès grandissant de certains blogs tout cela m'a parfois semblé vertigineux, chronophage, même si le mien, thanks god, est resté confidentiel.

Je me suis beaucoup amusée de ces blogueurs qui réclamaient des cadeaux à leurs lecteurs, comme si le bonheur qu'ils offraient en écrivant se devait d'être troqué. Je passe sur les propositions de publicités ou placements de produits, qui enrichissent encore aujourd'hui les pensionnaires du zoo humain virtuel de Dubaï. Je n'ai que plus d'admiration encore pour toutes celles qui ont su préserver leur intégrité, à commencer par notre chère Bellzouzou, œuf Corse !

J'avoue que j'aurais volontiers vendu mon âme contre quelques livres ou un ou deux voyages, mais on ne m'a rien proposé et pour cause, pour cela il aurait fallu que je lise plus, que je publie plus, que j'aille commenter plus chez plus de blogueurs, que j'aie plus de commentaires, que je sois plus visible, que je parle plus souvent de mes lectures ou de mes voyages... et pour cela il aurait fallu que je puisse prendre le temps nécessaire et que mes têtes multicolores me donnent l'autorisation de continuer de raconter leurs vies, mais je n'ai eu ni l'un ni l'autre.

Ces vingt dernières années j'ai :

- été victime de menaces de mort envers mes enfants à cause des activités associatives de leur père avec des personnes qui manifestement n'allaient pas beaucoup mieux que lui ;

- déménagé dans une nouvelle région pour assurer la sécurité de mes enfants mais également dans l'espoir d'un meilleur équilibre familial ;

- traversé un épouvantable divorce qui a duré des années, avec un homme très intelligent dont les troubles psychiatriques se sont exacerbés au moment de notre séparation et qui m'a volontairement mise dans des situations financièrement difficiles ;

- été fichée à la banque de France ;

- éduqué trois têtes multicolores tout en m'efforçant de les préserver le plus possible ;

- continué de m'occuper de mes parents qui pratiquent la parentification depuis mon plus jeune âge ;

- assuré la médiation au sein d'une famille dysfonctionnelle comptant incessamment sur moi. ;

- travaillé dans des conditions parfois très difficiles car le harcèlement et la souffrance au travail ne sont pas que des concepts ;

- été confrontée au racisme systémique, qui n'est plus un délit semble t'il, mais s'avère même tendance si j'en crois les actualités internationales ;

- repris mes études et suivi des formations continues par plaisir d'apprendre et de faire de la recherche, mais également pour exercer des métiers qui me plaisent et qui soient rémunérés dignement. 

Bref ! Je n'ai pas toujours eu le temps, la tête ou le cœur à écrire ici et je suis désolée si vous avez parfois eu l'impression que je vous lâchais. C'est moi que je m'efforçais de préserver.

Sachez que revenir écrire ici a toujours été une bouffée d'oxygène, jamais une contrainte, même quand une certaine me menaçait. D'autant que j'ai eu la chance de rencontrer nombre de blogueuses/lectrices de la première heure. J'avais besoin de cela pour sortir de la virtualité. Certaines sont devenues des amies chères à mon cœur, toutes m'ont touchée. Et si vous saviez combien ça m'a fait du bien de penser à vous toutes dans les moments difficiles, car même virtuels (mais pas que), les bons liens sociaux sont plus précieux que l'argent ou la réussite professionnelle. Même celles et ceux qui ont arrêté d'écrire depuis longtemps m'ont marquée et je me demande souvent ce qu'ils deviennent. 

Je me suis souvent auto-censurée, notamment pendant les années de la procédure de divorce, car mon ex-mari continuait de venir lire mon blog et récoltait toute information qu'il pouvait utiliser contre moi. Il est même allé jusqu'à pirater mes messageries, envoyer des mails à ma place et récolter les adresses de messageries et coordonnées de mes contacts pour leur écrire ou téléphoner. Tout ça pour dire que je ne me sentais pas toujours libre d'écrire tout ce que je vivais, malheureusement, parce qu'il y a eu des épisodes pas piqués des hannetons. 

J'ai décidé d'aller voir une psy qui m'a aidée à comprendre tous les liens toxiques qui me bouffaient la vie, à les identifier, à les briser, à en reconstruire de meilleurs plus équilibrés et plus sains et j'ai appris à dire non. Je suis désormais une professionnelle du non serein et solaire. Je sais super bien dire non aux autres pour me dire oui à moi et du coup eh ben ça va bien.

Alors je suis d'autant plus contente de pouvoir vous dire qu'aujourd'hui je suis enfin heureuse.

Petitout vient de décrocher son diplôme, Toutebelle complète sa formation, Toutgrand travaille depuis plusieurs années dans un domaine qui lui plaît et ils vont bien. Ce sont trois adultes gentils, intelligents, bienveillants, respectueux et drôles, qui me disent régulièrement qu'ils aiment leur vie et à chaque fois j'en ai les larmes aux yeux. Pu...fichtre ! ça valait la peine de mener tous ces combats.

Je suis heureuse également car il y a dix ans j'ai rencontré un homme bien, pas parfait, loin de là, mais je ne le suis pas non plus et nous nous aimons. En 2026 nous aurons respectivement 58 et 52 ans et nous avons déjà perdu des proches de nos âges ou plus jeunes, aussi, nous sommes déterminés plus que jamais à nous faire plaisir tant qu'il est temps.

Concernant mon poids, je tente toujours régulièrement des expériences. Dans mon premier couple j'ai pris 40 kilos, je crois qu'on peut dire qu'il me gonflait. Et ces kilos ne pouvaient pas être imputables à mes trois grossesses, car j'ai été malade à perdre dix kilos à chaque fois. Après la séparation, il y a douze ans, j'ai perdu 30 kg. Je me suis dit que je devais prendre soin de ma santé car mes enfants ne pouvaient plus compter que sur moi. Il y a quatre ans, je me suis dit que je pouvais arrêter de me soumettre à la dictature de la balance et qu'un bonheur stable, assorti de plaisirs assumés me garantiraient un poids stable. Bon ben, je ne pourrai pas écrire un nouveau livre bien-être intitulé "mon bonheur et mon poids stables", puisque je me suis rendue compte l'été dernier que j'avais repris 20 kilos avec "le régime Bonheur". Alors du coup en septembre dernier je me suis racheté un pèse-personne et depuis cinq mois ai perdu 15kg. Pas de frustration, mais je me sens parfois faible et fatiguée, heureusement pour le moral les beaux jours reviennent et je vais pouvoir recommencer à aller marcher. Ce qui fera extrêmement plaisir à mon amoureux qui n'aime rien plus que les marches dans la nature et ça fera plaisir également à ma santé, qui m'a rappelé l'été dernier qu'elle était fragile que je devais prendre soin d'elle.

Dans quelques semaines, inch Allah, j'irai voir notre Bellzouzou internationale jouer sa nouvelle pièce, je pourrai faire des grosses bises qui claquent à notre chère Dany, je ne désespère pas de croiser notre chère Anne et sa grande famille lors de l'un de nos périples métropolitains et je pense à vous tous pour mon (peut-être) dernier grand  projet... Celui-là sera culturel, solidaire et planétaire, il bénéficiera d'un lieu dédié, un local en région Auvergne Rhône Alpes et, le moment venu, celles et ceux qui le souhaitent seront les bienvenu.e.s à l'inauguration !

En attendant je vous espère en bonne forme et pu...fichtre ! Soyez fous et faites vous plaisir ! (Mais ne jetez pas votre pèse-personne)

You Are The Sunshine Of My Life

9.1.26

Un peu de rêve

Et si vous pouviez partir dans un endroit où il fait beau, où la nature est belle, où on peut faire de belles balades et de belles visites, où l'on mange bien, où l'on boit bien et où les gens sont agréables... ce serait où ?

27.11.25

Zont bien failli m'avoir !

J'étais en pleine sinistrose carabinée depuis plusieurs mois, quand s'est imposée à moi une mission ! Fêter dignement les anniversaires de mes amours, dont le quart de siècle de Toutebelle, qui peut vous péter la clavicule avec son seul regard si vous vous risquez à l'appeler Catherinette, puis faire renaître mon Christmas Groove 

Les anniversaires se sont magnifiquement passés et pour me Christmasgroover j'ai refait la déco de mon salon, ou, plus exactement, je l'ai sérieusement désencombré. Je vis désormais dans un joli cocon et m'en réjouis chaque jour.

Cerise sur le gâteau, j'ai plein de chouettes bouquins sur ma table de chevet et pour Noël pas de casse-tête pour les cadeaux.

Au risque de fâcher notre cher David Wiz, qui aimait me rappeler que le conseil se paie, le mien sera une nouvelle fois gratuit. J'ai proposé que chacun n'achète qu'un seul cadeau, partageable entre nous tous : boite de chocolats, jeu de société, etc. Tout le monde a beaucoup apprécié cette idée. 

Je vous souhaite de beaux moments de partage.


30.9.25

Pince-moi (le einsse), je rêve.

Il y aurait une entente mafieuse entre les médecins et les centres d'imagerie pour prescrire à un max de femmes, un max de mammographies inutiles, afin d'assurer à un max de femmes des nuits d'angoisse sans dormir et aux copines photographes de l'intérieur un max de revenus pour emmener Isaure, Isabeau, Enguerrand et Inès à Courchevel.

Ne serait-ce qu'une thèse complotiste de plus ou bel et bien une sorte d'association de malfaiteurs en blouse blanche, moins visible que les vrp des laboratoires pharmaceutiques qui essayaient* toujours de te piquer ta place dans les salles d'attente des médecins généralistes hyper-prescripteurs mais au teint bronzé toute l'année ? Je ne sais.

Ce que je sais c'est que je n'ai jamais été fan des médocs, encore moins de la machine qui transforme tes jolis seins bien ronds en paninis, tout en t'envoyant des rayons X dans le corps, aussi, si certain.e.s ont cru bon de faire subir cette infamie supplémentaire aux femmes sans réelle nécessité, que le cul leur pèle sur plusieurs générations.

Néanmoins, toujours surveiller ton corps tu devras et pour cela par la palpation tu commenceras. Palpe-toi mon amie, apprends à ta fille, à ta petite-fille à se palper, voire même à tes fils, à tes petits-fils** à se palper et forme ton homme à te palper, si homme régulier il y a et crois bien qu'il ne mettra pas cette tâche là au crédit de sa charge mentale.

Il m'est arrivé de recruter quelques palpeurs occasionnels, qui s'y employaient tout de même avec le plus grand sérieux, bien que n'ayant aucune référence antérieure de la zone à explorer.

Et puis franchement, quitte à passer à la machine à paninis, autant avoir quelques activités préalables agréables.

Ma mère a eu un cancer du sein, deux de mes soeurs ont eu des cancers du sein, je suis passée régulièrement à la machine à paninis de 30 à 45 ans et aujourd'hui, à plus de 50 ans, plus rien !

Bon ben j'en perds mon grec, d'autant que vous l'aurez compris, je ne suis pas fan de la machine à paninis. Alors c'est pas que je réclame hein, mais sauf à apprendre qu'après 50 ans on est immunisé contre le cancer du sein ou qu'il se détecterait désormais dans les prises de sang qu'on me prescrit tous les ans, je garde la palpation ! 

À tout âge, les filles, les gars, n'oubliez pas, palpez vous

* Note pour maintenant, en l'écrivant j'ai réalisé que je n'en ai plus vu depuis longtemps dans les salles d'attente des médecins,  ils doivent envoyer leurs publicités par mail.

** À celles qui ont pensé "ils n'ont pas besoin de moi pour leur rappeler de se palper, ces auto astiqueurs compulsifs", je rappelle que 1% des cancers du sein diagnostiqués concernent des personnes assignées homme à la naissance*** et porteuses du chromosome XY, aussi, précisez leur où il faut palper. 

*** Hé hé, vas-y accuse moi de faire de la discrimination de genre maintenant**** !!!.

**** Bon, je dois quand même vous avouer que je m'y perds toujours un peu et que j'évite le sujet avec soin pour ne pas avoir à supporter des heures de récriminations de la part de Toutebelle au sujet de ma pensée neurotypique et ma binarité (qui sont des insultes semble t'il).

12.8.25

Ma journée parfaite

Ça y est ! Je l'ai vécue.

J'ai appelé de mes vœux toute ma vie cette journée parfaite, sans savoir qu'elle tomberait le jour de mon anniversaire.

L'inconvénient lorsque l'on fête son anniversaire au milieu du mois d'août c'est que la plupart de vos amis proches sont partis en vacances et puis ça sent la fin de l'été qui est, comme vous le savez, ma saison préférée.
Habituellement, à partir de la mi-août commence le compte à rebours qui me fait appréhender la rentrée scolaire, combien même je n'ai plus à la maison d'enfant en âge scolaire, on approche de l'automne. 
Sauf l'an dernier, car j'ai fêté mon demi-siècle de belle façon et en excellente compagnie, ce qui a fait perdurer la légèreté et l'insouciance de l'été jusqu'au mois d'octobre.

Et sauf cette année, car j'ai eu ma journée parfaite.

J'aime beaucoup les oiseaux, aussi, pour fêter mon anniversaire, j'avais très envie de retourner au parc des oiseaux, mais il faisait si chaud qu'à la place mon amoureux m'a offert une balade de plusieurs heures en canoë-kayak (que j'adore pratiquer) sur une petite rivière proche de la maison que je ne connaissais pas. Vraisemblablement je n'étais pas la seule, car au rendez-vous de ce premier départ de la journée nous étions tous les deux seuls : c'était magique. ! 
Cette rivière oubliée était assez sauvage pour que de trop nombreuses personnes s'y soient cachées pour y jeter quelques épaves (ou les auto-écoles de ce secteur forment vraiment très mal), mais surtout assez sauvage pour que nous puissions pagayer à l'abri des arbres pendant des heures dans le calme le plus absolu, au milieu d'oiseaux magnifiques (dont un martin-pêcheur de toute beauté), de très nombreuses libellules vertes et bleues, ainsi que des poissons qui nous ont rassurés sur la qualité de l'eau. 
Oui, c'était magique. Nous voguions à deux seuls au monde sur cette eau paisible et rafraîchissante, au milieu d'une nature aux bruits apaisants et aux couleurs éclatantes. Pendant quelques heures nous avons oublié la chaleur écrasante et les bruits des hommes. Nous nous sommes tus souvent, émerveillés plus encore et avons parfois ri si fort que nous avons dû faire fuir les animaux les plus apeurés.

J'étais déjà très heureuse, mais quand nous sommes rentrés à la maison et que j'ai lu les adorables messages que j'avais reçus sur mon téléphone, j'étais encore plus heureuse.

Quand j'ai ouvert mes cadeaux, je n'en croyais pas mes yeux, c'était l'apothéose. 

J'ai toujours eu ce fantasme un peu ridicule et égocentrique, j'en conviens, que mes proches me devinent assez pour m'offrir un cadeau qui me comblerait et c'était déjà arrivé plusieurs fois ces cinquante premières années, mais jamais ce ne fut un strike aussi parfait.

Après ces heures douces et fraîches au fil de l'eau avec l'homme que j'aime à admirer de nombreuses espèces d'oiseaux, une très chère à mon cœur m'a parfaitement devinée puisqu'elle m'a envoyé plusieurs présents, dont une carte postale sur laquelle elle a écrit "Un anniversaire sur le thème des oiseaux, puisque tu n'aimes pas les chats, pauvre de toi !".Elle m'a offert "à nos vies imparfaites" de Véronique Ovalde, autrice qui m'avait tant secouée avec le surprenant "Ce que je sais de Vera Candida", que j'ai hâte de la lire à nouveau. Dans sa grande générosité elle m'a également offert un joli carnet d'écriture, pour ne plus laisser s'enfuir l'inspiration (et qui sait, peut-être réussir à concrétiser mon projet de comedy club ?), ainsi qu'une boîte de mon nouveau thé préféré, à déguster à Noël (ma seconde période préférée) avec mes amours, pour me réconforter quand les longues journées ensoleillées d'été me manqueront tant.

Mes trois amours pour l'éternité, mes enfants chéris, m'ont offert mon nouveau parfum préféré, qu'ils ont parfaitement choisi. 

Et mon amoureux, un fabuleux outil de relaxation pour tromper l'ennui et seulement lui, quand il est en déplacement professionnel.

Je ressens tant de gratitude, vraiment.

Je vous embrasse fort et vous souhaite une belle fin d'été.


17.6.25

Jeune

Je sais que je suis jeune parce que j'ai de nombreuses envies, une multitude de projets, j'aime apprendre et j'adore découvrir de nouvelles choses ;

Quand mon amoureux se dandine pour me faire rire, j'ai 15 ans ;

Quand je m'adresse à certains adultes, c'est à la part d'enfant en eux que j'ai envie de parler ;

Je n'ai jamais eu aucun intérêt pour les marques et le luxe, seuls la qualité des produits, des matières et la beauté intrinsèque m'intéressent ;

Je ne suis jamais la dernière à faire des roulades dans l'herbe, si je suis assurée de ne pas trouver de crotte de chien dans la descente ;

Mes enfants m'offrent des cadeaux qui brillent dans la nuit pour la fête des mères ;

Et mon chéri prend le temps de me les installer pour me faire plaisir, alors qu'il a eu une journée de travail épuisante ;

Je peux sourire pendant des heures en pensant à quelque chose qui m'a fait plaisir ou rire ;

Tous mes copains de plus de cinquante ans ont l'air jeunes car ils savent s'amuser de la vie ;

Parfois je boude, je me rends compte que je boude, mes proches me disent que je boude, mais je ne reconnais pas que je boude ;

J'ai une baguette magique avec une étoile multicolore que j'adore et je la planque quand nos voisins viennent nous rendre visite, pour ne pas que leur petite fille de 3 ans demande à l'avoir ;

Je peux faire des heures de voiture pour aller chercher cet objet qui une fois installé dans mon domicile me fera sourire chaque jour quand je poserai mes yeux dessus ;

J'adore les orages d'été et dès qu'il pleut mes enfants savent qu'ils vont me retrouver sous la pluie en train de chanter la pub tahiti douche ;

J'envoie des selfies à mon chéri pour lui donner envie de rentrer du travail pas trop tard ;

Et parfois même je fais une bouche de canard pour le faire rire ;

Je me promène tout le temps pieds nus ;

Je propose souvent à mon bûcheron de danser juste parce que j'en ai envie, avant ça le gênait, maintenant il dit tout le temps oui ;

Je suis jeune, mais assez vieille pour qu'on ne me fasse plus chier en me disant : "Mais ça ne se fait pas ! " ;

Parce qu'ils savent tous, que si je le veux vraiment, je le ferai.

Et quand je regarde mes grands enfants, qui eux sont vraiment jeunes, je ressens tellement d'amour et de fierté que je ne peux pas m'empêcher de sourire et ils râlent parce qu'ils pensent que je me moque d'eux et me traitent de "vraie gamine".

Jeune.

Vieille

Souvent on me dit que je ne fais pas mon âge, pour de simples raisons génétiques, mais je sais bien que je suis vieille :

Je ne suis plus aussi leste qu'avant pour faire des acrobaties ;

Je souris d'un air goguenard lorsque mes médecins, banquiers et conseillers en tous genres, qui ont l'âge de mes enfants, veulent me faire la leçon ;

Je suis surprise à chaque fois que j'apprends le décès d'une icône de mon enfance ;

J'ai des cheveux blancs sur la tête et pas que sur la tête*... ;

J'ai connu Yves Mourousi et Marie-Laure Augry ;

Je suis consternée par ce que les nouvelles technologies ont fait des sciences de la communication et de l'information ;

J'ai acheté un meuble en tissu pour ranger les téléphones portables quand nous rentrons à la maison, mais personne ne le fait jamais, même pas moi ;

Du coup, en arrivant nos visiteurs se demandent à quoi sert ce truc avec des poches à l'entrée de la maison et si nous faisons la quête ;

Je prie pour qu'un virus technologique fasse que l'on revienne à l'époque où nous ne pouvions communiquer qu'en nous déplaçant pour nous voir, par courrier, téléphone fixe ou télégramme pour les urgences ;

Je sais que je suis vieille et même si je voulais l'ignorer je ne le pourrais pas, mon plus jeune enfant se faisant un devoir de relever quotidiennement mon "état de délabrement"** ;

Je sais que le fond compte plus que la forme et qu'un poète peut se cacher sous la plume d'un dysorthographique et/ou dyslexique ;

Il n'empêche, je ne comprends pas la baisse manifeste du niveau de langue française***, notamment dans les échanges professionnels. Chaque jour je prends sur moi pour ne pas retourner les écrits que je reçois après avoir surligné toutes les erreurs d'orthographe et de syntaxe.

Vieille.


*sur la barbe aussi.

**et pourtant je sais qu'il est bien de moi, c'est le seul qui n'ait pas pu être échangé à la naissance, puisque sa toilette et les premiers soins ont été faits dans une pièce attenante à la salle d'accouchement. A travers la grande baie vitrée, j'ai pu assister à tout, jusqu'à la pose du bracelet de naissance et retour du de mon adorable bébé en pyjama dans mes bras pour la première tétée bio : processus ISO 2002 afin de garantir une parfaite traçabilité du nouveau-né.

***Je suis favorable au grand remplacement ! Je propose que ces fossoyeurs de la langue française soient déchus de leur nationalité française et qu'elle soit refilée aux étrangers qui ont le niveau de connaissance de la langue française requis.


10.6.25

Y a t'il un vétérinaire dans la salle ?

Je suis en recherche d'une aiguille hypodermique et de l'un de ces somnifères assez puissants pour endormir un éléphant*.

*Nos vacances approchent et mon Speedy Gonzalez d'amoureux s'agite déjà en pensant à tout ce que nous allons pouvoir faire, alors que je ne rêve que de lire allongée dans l'herbe** à l'abri d'un arbre : Aux grands maux, les grands moyens !

**En soufflant sur les fourmis qui me grimpent dessus et avec une bombe anti frelons à portée de main.