La Zubiale
"Imaginez que vous vous donnez soudain le droit d'être furieusement heureux. Oui, imaginez une seconde que vous n'êtes plus l'otage de vos peurs, que vous acceptez les vertiges de vos contradictions. Imaginez que vos désirs gouvernent désormais votre existence, que vous avez réappris à jouer, à vous couler dans l'instant présent. Imaginez que vous savez tout a coup être léger sans être jamais frivole. Imaginez que vous êtes résolument libre, que vous avez rompu avec le rôle asphyxiant que vous croyez devoir vous imposer en société. Vous avez quitté toute crainte d'être jugé. Imaginez que votre besoin de faire vivre tous les personnages imprévisibles qui sommeillent en vous soit enfin à l'ordre du jour. Imaginez que votre capacité d'émerveillement soit intacte, qu'un appétit tout neuf, virulent, éveille en vous mille désirs engourdis et autant d'espérances inassouvies. Imaginez que vous allez devenir assez sage pour être enfin imprudent.
Imaginez que la traversée de vos gouffres en vous inspire plus que de la joie. C'était tout cela être le Zubial."
Alexandre Jardin, Le Zubial
25.6.26
Rangée des voitures ?
22.6.26
Le cocon
Depuis que j'ai eu une pause forcée dans mon quotidien, je n'ai eu d'autre choix que de regarder mon intérieur et de remédier à tout ce qui offensait mon regard.
Vous saviez déjà à quel point je suis sensible aux lumières, couleurs et matières, eh bien tout cela est accru quand on n'est plus dans un tourbillon permanent qui fasse que l'on passe chez soi en coup de vent.
Aussi, j'ai désencombré, éliminé, éclairé, harmonisé et désormais quand je me lève le matin, je me réjouis de l'atmosphère douce et vibrante dans laquelle nous vivons.
Pas facile de se mettre d'accord sur le choix des couleurs et des objets lorsque l'on adore les fleurs et que l'on vit avec des hommes qui craignent manifestement que je transforme notre nid en boudoir de Barbara Cartland, mais nous y sommes arrivés et sommes tous assez d'accord pour dire que désormais chez nous c'est beau.
Cela tient également à quelques objets qui ont le mérite de susciter en moi une immense joie à chaque fois que mon regard se pose sur eux*, notamment une version tronquée de l'oiseau bleue de Crète.
J'ai eu tant de plaisir à dénicher chacun d'eux que j'ai envisagé de changer de métier pour devenir "chercheuse de trésors pour se sentir merveilleusement bien chez soi", afin de procurer le même plaisir à d'autres, mais je crois que ça existe déjà et que ça s'appelle décoratrice d'intérieur. Dommage ! Je n'aime ni le gris, ni les modes, ni les injonctions farfelues de mes clients imaginaires les plus capricieux.
*De fait, je demande désormais aux personnes qui m'entourent (habituées à mes questions souvent étranges) quel est cet objet chez elles qui leur procure de la joie à chaque fois qu'elles le voient et vous seriez surpris des réponses. Et chez vous ?
18.6.26
Plaisir de lire
Depuis qu'il fait très chaud j'ai changé de rythme et d'activités.
Le matin je me réveille tôt, à 5h, fais tout ce qui est fatiguant et contraignant, dont le travail, jusqu'à 12h30, déjeune, fais la sieste, lis puis me remets au boulot jusqu'à 18h.
Oui, je peux enfin prendre le temps de lire et je revis.
C'est comme si on m'offrait une eau fraîche et délicieuse à déguster pendant des heures. Souvent même je ne fais pas la sieste, je lis seulement. C'est délectable.
Lundi je n'ai fait qu'une bouchée de "la psy", par freida mcfadden. Il y a bien longtemps que je n'avais été surprise par l'intrigue d'un livre, qui plus est, super sympa ! Je vous le recommande.
Cerise sur le gâteau, j'ai pu commander d'autres livres prometteurs, dont un qui m'a été recommandé par notre chère Dany, je vous dirai quoi.
Je penserai à vous pendant les journées de fortes chaleurs à venir, aux alentours de 13h30, en espérant que vous aussi aurez un bon livre à vous mettre sous la dent et devant les yeux.
Bonne hydratation !
15.6.26
Queen mother Sue Ellen
Nous avons fêté l'anniversaire de la reine mère en famille très élargie et c'était super chouette!
Elle nous a offert une belle prestation, digne du décorum des lieux et de la longue préparation qu'a nécessité l'événement pour tous ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants.
Je suis repartie avec la satisfaction du devoir filial accompli, la joie d'avoir passé quelques heures avec tous ces gens que j'aime et la satisfaction de me dire que si j'ai la chance de fêter cet âge canonique, mes enfants ne s'offusqueront pas de me voir siffler deux bouteilles de champagne millésimé, ma mère ayant établi un précédent valant jurisprudence familiale.
Merci à elle, quelle santé tout de même !
14.6.26
L'enfer est pavé de bonnes intentions
Nous sommes toutes assez d'accord pour dire que nous avons compris quand nos enfants étaient adolescents qu'il était important de respecter leur espace et l'intimité de leur chambre, notamment en les laissant la ranger quand ils le voulaient bien, même si ça n'arrivait qu'une fois tous les trois ans.
N'empêche, quand tu es mandatée pour aller surveiller l'avancée de travaux chez ton fiston célibataire, qui n'a pas pas pu poser une journée de repos, ne vas-tu pas en profiter pour "l'avancer un peu" sur son repassage et 'l'aider' à conserver un intérieur douillet dans lequel il aura plaisir à rentrer après une longue journée de travail ?
3.6.26
Les cartes postales
Mis à part pour les livres (que je m'étais pourtant engagée à faire circuler), je ne suis pas une collectionneuse*, pourtant, je conserve toute mes correspondances depuis le collège, ainsi que les vieilles cartes postales que j'achète parfois dans les vide greniers.
J'aime acheter ces cartes d'un autre temps, où s'expriment l'affection, la tendresse ou l'amour (avec moins d'erreurs de syntaxe et d'orthographe que dans les CV d'aujourd'hui - dit la vieille peau). Je n'ai, à ce jour, jamais lu de carte postale exprimant de la colère ou quelque récrimination que ce soit, donc c'est également un baume pour mon cœur de lire tout cet amour.
Récemment, en même temps que des livres (que je m'étais pourtant engagée à ne plus acheter, même d'occasion et que je devais emprunter à la bibliothèque - comme si j'avais la patience d'attendre que le livre que j'ai envie de lire soit disponible), j'ai acheté un gros lot de cartes postales assez récentes.
Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais lorsque ce vendeur du site d'articles de seconde main le plus utilisé de France me les a vendues, mais il s'est avéré qu'il s'agissait de cartes postales adressées aux membres d'une même famille, sur une période d'au moins cinquante ans.
Je les ai lues en diagonal mais ce fut passionnant.
Un arbre généalogique s'est dessiné au fur et à mesure, j'ai également assisté aux différents déménagements, jusqu'à l'entrée en maison de retraite. J'ai commencé à identifier qui avait le plus voyagé à l'étranger, notamment une femme seule dans les années soixante, dans des contrées peu touristiques. J'ai recueilli avec émotion ses impressions sur ces voyages audacieux pour l'époque.
Je n'avais pas beaucoup de temps, mais en une heure je me suis prise d'affection pour les membres de cette famille et me suis surtout demandé pourquoi personne n'avait cru bon de les conserver. J'ai eu envie de mener l'enquête, afin de retrouver un membre de cette famille encore vivant et me faire confirmer l'ordre des évènements familiaux et la place de chacun, mais ça m'a semblé trop intrusif, alors je n'ai pas osé.
Ces cartes postales ont été le roman le plus passionnant de ces derniers mois.
Quant à la lampe de mineur achetée par mon amoureux lors d'un vide-greniers, elle a suscité en moi la même curiosité?
Quiconque a eu la chance de visiter le fabuleux musée de la mine de Saint Etienne (que je recommande chaudement, vous l'aurez compris), sait que chaque lampe était numérotée et attribuée pour de longues à un seul et même mineur.
Aussi, cette lampe étant à priori issue d'une des mines de la région, j'avais dans l'idée de me renseigner sur d'éventuelles archives conservant les classeurs avec les noms, prénoms et numéros de lampes et de faire le tour des archives de la région dans l'espoir de retrouver le nom et le prénom de son propriétaire, puis voir si je pourrais la ramener à d'éventuels descendants (idée qui n'a pas du tout plu à monsieur son actuel propriétaire).
Mais comme je ne savais pas par où commencer, j'ai renoncé.
C'est quand même magique ce pouvoir de nous faire voyager et rêver qu'ont certains objets.
*Petitout me traite d'accumulatrice compulsive
.jpg)