"Imaginez que vous vous donnez soudain le droit d'être furieusement heureux. Oui, imaginez une seconde que vous n'êtes plus l'otage de vos peurs, que vous acceptez les vertiges de vos contradictions. Imaginez que vos désirs gouvernent désormais votre existence, que vous avez réappris à jouer, à vous couler dans l'instant présent. Imaginez que vous savez tout a coup être léger sans être jamais frivole. Imaginez que vous êtes résolument libre, que vous avez rompu avec le rôle asphyxiant que vous croyez devoir vous imposer en société. Vous avez quitté toute crainte d'être jugé. Imaginez que votre besoin de faire vivre tous les personnages imprévisibles qui sommeillent en vous soit enfin à l'ordre du jour. Imaginez que votre capacité d'émerveillement soit intacte, qu'un appétit tout neuf, virulent, éveille en vous mille désirs engourdis et autant d'espérances inassouvies. Imaginez que vous allez devenir assez sage pour être enfin imprudent.

Imaginez que la traversée de vos gouffres en vous inspire plus que de la joie. C'était tout cela être le Zubial."

Alexandre Jardin, Le Zubial

28.4.26

La Dolce Vita

"La Dolce Vita n'est pas seulement une période historique italienne, mais aussi un symbole universel de l'art de vivre avec élégance, plaisir et légèreté".

Petitout a toujours été avec moi le plus dur de nos trois enfants. Sous prétexte de ne pas vouloir céder à la complaisance dont il accuse ses deux aînés, il a toujours été soucieux de me dire mes quatre vérités.
Discret et modeste, il voit souvent dans mes tenues / actes / rêves une volonté de me faire remarquer, une forme de snobisme ou de provocation. Aussi, quand il a vu combien j'étais heureuse et fière d'avoir pu réaliser mon rêve d'inviter mon bucheron à assister à un opéra à la Scala de Milan à l'occasion de son anniversaire, il m'a traitée de Bobo élitiste. Mais il n'aura pas réussi à gâcher mon plaisir.

C'était magique ! 

J'avais acheté les places il y a de nombreux mois, le premier jour de l'ouverture de la billeterie, en mode "carpe diem !", en me disant que nous aviserions plus tard pour le trajet. 

Avec l'augmentation du prix du carburant, des billets d'avions et de train hors de prix, nous avons pour la première fois pris un bus international Blablacar. C'était 2-3 heures plus long que si nous avions pris notre propre voiture, mais au niveau tarif ça valait vraiment la peine. D'ailleurs, pendant les trajets nous nous demandions comment ils faisaient pour maintenir ce service, au regard de l'augmentation du prix du carburant et le lendemain de notre retour nous avons appris qu'ils arrêtaient leur activité [mais ce n'est pas à cause de nous !]. 
Pendant le trajet nous avons pu prendre le temps d'admirer le paysage, de lire, de discuter avec les voisins, bref ! C'était cool.
J'ai été par contre très choquée de constater le durcissement des contrôles à chaque frontière.

Une fois arrivés à Milan le soleil nous a généreusement accueillis et les délicieuses glaces à l'italienne aussi*. 

J'avais réservé un airbnb au bon rapport qualité-prix, très bien situé et tout juste le temps d'enfiler nos habits de lumière, nous faisions la queue devant le mythique théâtre, entourés de personnes toutes aussi endimanchées que nous. 

C'était magique donc ! Nous en avons pris plein les yeux et les oreilles pendant deux heures. Le plus touchant c'était l'enthousiasme du reste du public. Personne ne m'a semblé blasé, pas même ceux qui semblaient avoir les moyens de s'y rendre tous les samedis. 
En sortant je lévitais de bonheur, ou en tout cas j'aurais dû, si je n'avais pas eu la mauvaise idée de porter de nouvelles belles chaussures vernies pour l'occasion, qui m'ont fait souffrir le martyre à chaque pas jusqu'à notre retour à l'appartement car avec la longue station assise dans le car et pendant le spectacle mes pieds avaient gonflé. Ce fut mon chemin de croix et surtout une anecdote de plus à raconter à nos futurs petits-enfants.

Le lendemain, chaussés de confortables baskets, nous avons pu arpenter la dynamique ville de Milan pendant des heures, sous un soleil radieux, en nous arrêtant pour partager un délicieux déjeuner d'anniversaire, flâner dans un parc en écoutant de la musique, nous allonger dans l'herbe, nous ravitailler en eau, bière et glaces = le bonheur ! Pendant trois jours nous étions juste heureux de tous ces beaux moments partagés sous le soleil milanais.

Je ne chercherai pas à expliquer à Petitout que ça n'avait rien à voir avec de la représentation sociale ou une activité élitiste, que je n'ai rien à prouver à qui que ce soit, car nous savons tous les deux mon bûcheron et moi que nous avons eu l'immense chance d'assister à un magnifique spectacle artistique que nous avons beaucoup apprécié et que ce moment-là était magique d'abord parce que nous l'avons partagé. Nous avons réalisé un rêve.

Au suivant ! 


*Heureusement pour nous la manifestation fachiste venait de prendre fin.

2 commentaires:

dany a dit…

Super ! continuez à profiter de la vie...

Anne a dit…

C'est génial!
Perso j'ai, depuis un bon paquet d'années, renoncé aux chaussures chouettes qui pourrissent les pieds.
J'espère réussir aussi bien notre escapade Parisienne (avec nuits Versaillaises) mais, pour l'instant, comme à chaque fois, Gilles renâcle, ronchonne, et me ferai, presque, regretter de bousculer son train train quotidien.