Parce que c'est vous, je vais partager un de mes secrets pour préserver un tant soit peu ma bonne santé mentale.
Dans le cadre professionnel je suis dans une phase de transition et expérimente le fameux plafond de verre.
Dans le cadre personnel, j'ai Toutebelle et Petitout à la maison pour l'été, ainsi que mon bûcheron, œuf corse.
La première est en mode vacances bien méritées (certes), ne comptez pas sur moi pour bouger le petit doigt, ou seulement sous la contrainte et en acceptant parfois, magnanime, de prendre part aux tâches ménagères, mais pas trop souvent, O ça va, j'suis pas votre esclave !
Le second en mode, stage d'été obligatoire bien physique et épuisant, après une année universitaire bien dense et studieuse, mais il faut bien que je sorte un peu le week-end pour voir les copains, parce que j'ai 20 ans faut bien que je profite de ma jeunesse et en même temps j'suis crevé, mais faut bien que je fasse du sport pour entretenir mon corps athlétique, alors j'veux bien faire la vaisselle une ou deux fois par semaine, mais je n'ai pas le temps. O ça va, j'suis pas votre esclave !
Le troisième en mode, j'suis crevé parce que je ne prends presque jamais des vacances ou pour faire de gros travaux et d'autres choses bien épuisantes et j'ai des journées de boulot bien remplies, mais le soir et le week-end faut bien que j'avance encore mes travaux, que je réponde aux très nombreuses invitations de mes amis et de ma famille, même si c'est loin, fatiguant et que je suis encore plus stressé que d'habitude, mais que je ne le reconnaîtrai jamais, car je suis un homme et un homme ça ne dit jamais que c'est fatigué et ça ne se plaint pas, mais ça peut râler et bouder toute la journée, tout en prétendant que tout va bien et vous me demandez en plus de laver des assiettes une fois par semaine. O ça va, j'suis pas votre esclave !
Alors, qui est au cœur du cyclone, à gérer les interactions familiales, les courses, les repas, la vaisselle, le ménage, l'organisation des déplacements, la préparation des prochaines rentrées et accessoirement un travail bien épuisant ?
Aussi, quand c'est comme ça, plutôt que de laisser monter la tension et m'énerver, (comme ils semblent tous vouloir m'y pousser), j'affiche un léger sourire distant en permanence, ne réponds pas aux questions empruntes d'agressivité, parle le moins possible, tout en regardant au loin et en imaginant que M m'a prise dans ses bras et embrassée fougueusement, avant de m'emmener dans une kerterre au milieu d'une forêt enchantée, où il me chante des chansons écrites pour moi et où je lis des heures durant, confortablement installée dans un fauteuil douillet, tandis qu'un rayon de soleil rechauffe l'atmosphère délicieusement cosy de la pièce et que je peux admirer la magnifique nature par la fenêtre.