Je n'ai jamais été fan des injonctions sociales, bien qu'inconsciemment je m'y sois souvent conformée.
Après le mariage, les enfants, les traites à rembourser, le travail où performer et le body summer à préparer, qu'en est-il de la séduction, la libido et la seskualité après 50 ans ?
J'ai souvent entendu : "C'est bon, après 50 ans j'ai donné, ce n'est plus décent, de toutes les façons avec la ménopause ce n'est plus comme avant, c'est différent, mais la tendresse c'est bien aussi...". Ou encore "c'est pathétique une femme qui cherche à séduire après 50 ans, il faut savoir se ranger des voitures !".
S'il est indéniable que la ménopause est pour les femmes un bouleversement hormonal qui nécessite des réponses professionnelles personnalisées et adaptées à la détresse physique et psychologique de chacune, je ne crois pas avoir aperçu dans les maisons de quartiers des temps d'échanges autour de cette question, mais sans doute faut-il que je regarde mieux.
Le corps d'une femme change tout au long de sa vie, avec tout ce que cela comprend d'inquiétudes, frustrations, questions... Qui y répond ?
Je suis heureuse d'avoir des amies avec lesquelles parler librement de ces questions lâ.
Depuis plus de 20 ans, j'aborde ces différents sujets ici aussi avec vous, je compte bien continuer.
Au delà de ce que nous ressentons dans notre corps, quelle image avons-nous de nous après 50 ans ?
Ouep, nous sommes plus vite essoufflées et commençons à avoir toutes sortes de bobos.
Ouep, nous avons plus de mal à perdre du poids et souvent même nous en prenons avec la ménopause.
Ouep, nous perdons du muscle et les forces de l'attraction terrestre font irrémédiablement le reste.
Ouep, ça se sillonne et se brouillonne au niveau du visage, qui devient soit plus creux, soit plus épais.
Mais avons-nous tout de même le droit de nous aimer telles que nous sommes ?
En tant qu'ancienne sportive de haut niveau (ayant régulièrement sculpté son corps musculairement), intermittente de l'obésité morbide (ayant connu le plaisir de lâcher prise, s'arrondir et devenir tendre et moelleuse), championne du monde du yoyo pondéral, je crois n'avoir jamais détesté mon corps et ne m'être jamais préoccupée des jugements négatifs. J'ai été aimée et me suis aimée dans tous les états de mon corps, ce qui m'a assurément aidée à développer une confiance en soi qui peut passer pour de l'arrogance mais ne l'est pas. Comme le dit très justement Madame Laëtitia Mampaka "Oui je m'aime et alors ?... Il est temps que la thérapie change de camp !".
Nous vivons dans une société jeuniste aux standards de beauté défavorables aux femmes de plus de 50 ans et pourtant quand je regarde mes amies, je les trouve réellement belles telles qu'elles sont aujourd'hui que je ne comprends pas pourquoi elles se dévalorisent autant juste parce qu'elles n'ont plus 20, 30, ou 40 ans.
Quand nous nous sommes rendus dans ma famille pour l'anniversaire de Névrosia l'aïeule, force fut de constater qu'aucune femme de ma famille n'avait "abandonné le combat". Elles étaient toutes plus élégantes et belles les unes que les autres, mon bûcheron ne savait plus où donner de la tête et pourtant toutes avaient entre 52 et 80 ans.
A plus de 50 ans je continuerai de me trouver belle, de chercher à être séduisante, pour mon moral, pour préserver la bonne image que j'ai de moi, pour l'homme avec lequel je suis en amour et je compte bien continuer de cultiver mon désir et mon plaisir. Et vous ?
"Ô mère-grand, comme tu as de jolis tchoutches !"
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