"Imaginez que vous vous donnez soudain le droit d'être furieusement heureux. Oui, imaginez une seconde que vous n'êtes plus l'otage de vos peurs, que vous acceptez les vertiges de vos contradictions. Imaginez que vos désirs gouvernent désormais votre existence, que vous avez réappris à jouer, à vous couler dans l'instant présent. Imaginez que vous savez tout a coup être léger sans être jamais frivole. Imaginez que vous êtes résolument libre, que vous avez rompu avec le rôle asphyxiant que vous croyez devoir vous imposer en société. Vous avez quitté toute crainte d'être jugé. Imaginez que votre besoin de faire vivre tous les personnages imprévisibles qui sommeillent en vous soit enfin à l'ordre du jour. Imaginez que votre capacité d'émerveillement soit intacte, qu'un appétit tout neuf, virulent, éveille en vous mille désirs engourdis et autant d'espérances inassouvies. Imaginez que vous allez devenir assez sage pour être enfin imprudent.

Imaginez que la traversée de vos gouffres en vous inspire plus que de la joie. C'était tout cela être le Zubial."

Alexandre Jardin, Le Zubial

22.9.23

Faire le vide

Pour certains c'est vertigineux de se débarrasser, mais c'est pourtant tout ce qu'il reste à faire quand on a trop accumulé.

Chineuse, brocanteuse, recycleuse, récupèreuse, boncoineuse... Je ne résistais pas à ce qui me semblait beau ou utile, seulement nous avons désormais une immense pièce pleine de choses belles et utiles que nous ne voyons plus et que nous n'utilisons pas.

Aussi, j'ai décidé de faire un vide-grenier dimanche dernier avec Toutebelle et copine C.

J'ai ainsi confirmé le plaisir que j'ai à permettre une seconde vie aux objets, mon bon goût légendaire (vu que ma robe longue de soirée noire avec des paillettes violettes est partie parmi les premières et sans négociation siouplé, alors que ma descendance la trouvait monstrueusement moche et qu'elle a fait le bonheur d'une jeune femme plus jeune qu'eux : cheh !), ma bonne connaissance des objets les plus recherchés (merci "Affaire conclue" ) et mon talent de marchande (qui a dit poissonnière ? J'ai entendu, hein !).

Je suis trop contente, aussi je vais m'inscrire à un autre vide-grenier et vendre sur le good coin, pour nous desencombrer au fur et à mesure. Les sous serviront à financer en partie ma fiesta des 50 ans l'an prochain.

Le plus amusant c'est que mon bûcheron, qui râlait du fait que je gardais trop d'affaires et disait ne pas vouloir être associé à ce "bazardage nécessaire", tourne autour de ce que je mets en vente et retire régulièrement quelques objets en disant "Mais j'aime bien ça, moi. Je trouve ça beau !". Je crois bien qu'il craint que je tombe dans l'excès inverse et qu'il ne nous reste plus rien d'autre qu'un mur de livres. 

On est pas rendus mes amis, j'vous l'dis. 


4 commentaires:

Anne a dit…

Gilles fait ça aussi.
Et cela m'agace énormément.
D'autant plus qu'il suggère que je fasse du vide dans mes affaires (une vingtaine de livres) alors que son bazar (genre 50 ballons de rugby) ne le dérange pas...

Névrosia a dit…

:-D la relativité appliquée à la propriété. Je comprends que ça t'énerve. Mon bûcheron possède dix fois moins d'affaires que moi (sauf pour bricoler, pour ça il a sa pièce), mais moi ça m'amuse de voir ce qu'il repêche et qu'il m'explique en quoi il est plus attaché à un objet qu'à un autre. Au final, l'essentiel c'est que nos objets mis ensemble forment un ensemble harmonieux dans lequel nous nous sentons tous bien.

dany a dit…

l'an prochain je veux bien brocanter avec toi pour vendre mes stocks de bijoux....

Nevrosia a dit…

Dany, avec grand plaisir !