La semaine dernière j'ai passé beaucoup de temps à l'hôpital* et y ai vécu un moment surréaliste...
C'était un peu comme si j'étais ce cher Lemuel et que je me retrouvais dans un lieu où tous les personnages importants étaient des Lilliputiens.
Quand j'ai rencontré le premier médecin qui s'est présenté comme étant le chef de service je n'ai pas été trop surprise, malgré le fait qu'elle n'avait probablement jamais entendu parler du minitel ou que c'était probablement pour elle un objet de science fiction, mais quand j'ai réalisé que tous ses collègues, dans tous les services de l'hôpital, étaient à peine plus vieux que Toutgrand dont certains avec la même arrogance que les vieux médecins paternalistes, j'ai compris que non, c'est moi qui suis Gulliver.
J'ai attendu en vain de croiser un médecin de plus de 40 ans, mais c'était comme s'ils avaient disparu de la planète hôpital, ils ont dû être victimes d'une faille spatio-temporelle. Il régnait une tension constante, de jour comme de nuit, une désorganisation manifeste et le mal-être des personnels soignants, qui ne cessaient de faire répéter nom, prénom et date de naissance afin d'éviter une erreur médicale pourtant prévisible au vu du niveau de stress et de la pression ressentis par tous, était palpable.
C'était un peu flippant.
C'était comme s'ils ne contrôlaient plus rien et que la machine conduite par de jeunes enfants colériques allait bientôt exploser.
En y repensant j'ai ressenti cela souvent ces dernières années en me rendant dans des services publics, et pourtant je m'attache plutôt au souvenir de la personne agréable et aimable qu'à celui du mauvais coucheur.
En y repensant encore un peu plus j'ai réalisé que le stress, la tension et l’agressivité sont omniprésents dans notre société**, je m'y sens de moins en moins à ma place***, je ne veux pas me battre avec leurs armes.
L'humour, le sourire, la douceur, la poésie et la patience semblent être à la fois des armes et des protections puissantes, protégeons-nous.
*ça va, merci.
**Dernièrement au boulot j'ai jugulé une très grosse crise en trouvant une solution rapide et efficace, tout en tenant à bout de bras mes collègues qui s'effondraient. Elles m'ont dit qu'elles m'en seraient reconnaissantes à vie, mais quelle vie étrange et épuisante. J'ai tenu bon et gardé bonne mine mais en vrai j'en suis moi aussi sortie lessivée.
***J'ai longtemps pensé avec satisfaction que j'avais juste le bon karma pour ne pas m'ennuyer dans la vie, mais aujourd'hui je donnerais cher pour des pauses quiétude de plus de 24 h.