"Imaginez que vous vous donnez soudain le droit d'être furieusement heureux. Oui, imaginez une seconde que vous n'êtes plus l'otage de vos peurs, que vous acceptez les vertiges de vos contradictions. Imaginez que vos désirs gouvernent désormais votre existence, que vous avez réappris à jouer, à vous couler dans l'instant présent. Imaginez que vous savez tout a coup être léger sans être jamais frivole. Imaginez que vous êtes résolument libre, que vous avez rompu avec le rôle asphyxiant que vous croyez devoir vous imposer en société. Vous avez quitté toute crainte d'être jugé. Imaginez que votre besoin de faire vivre tous les personnages imprévisibles qui sommeillent en vous soit enfin à l'ordre du jour. Imaginez que votre capacité d'émerveillement soit intacte, qu'un appétit tout neuf, virulent, éveille en vous mille désirs engourdis et autant d'espérances inassouvies. Imaginez que vous allez devenir assez sage pour être enfin imprudent.

Imaginez que la traversée de vos gouffres en vous inspire plus que de la joie. C'était tout cela être le Zubial."

Alexandre Jardin, Le Zubial

Affichage des articles dont le libellé est lĕgĕre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est lĕgĕre. Afficher tous les articles

11.10.24

Le mot du jour

Il y a bien longtemps, j'avais décidé d'enseigner un nouveau mot par jour à mes enfants, mais dès qu'ils découvrirent le plaisir de lire seuls, ils me firent comprendre que la lecture leur suffirait.
Il est rare que j'apprenne de nouveaux mots, aussi, j'ai grand plaisir à partager ci-dessous avec vous le nouveau mot issu de La petite menteuse, roman-nouvelle dévoré hier matin au petit-déjeuner avant d'aller travailler.

Rodomontade 

nom féminin singulier
rodomontade (nom féminin ) · rodomontades (nom féminin pluriel)
  1. vieilli
    Propos de rodomont, fanfaronnade.

Rodomont

adjectif masculin singulier
  1. vieilli
    langage soutenu
    Fanfaron, matamore.

8.5.24

Au fil des pages

Pour des raisons de mises à jour qui ne peuvent se faire ni sur mon smartphone, ni sur mon ordinateur, je n'ai plus accès à Facebook...  J'ai retrouvé le temps de lire : youpi ! 

4.12.22

Ma thérapie

Quand j'avais cinq ans, je me cachais sous ma couverture avec une petite lampe torche, pour pouvoir lire un livre, après l'extinction des feux.

À 48 ans, mon plus grand plaisir est de lire un bon livre. Je ne connais rien d'aussi agréable, notamment le soir en sirotant un verre de Porto posé sur la table de chevet (oui, il y a de la Sue Ellen en moi). 

Et pouvoir lire un bon livre, à n'importe quel moment du jour ou de la nuit*, sans avoir à m'inquiéter de quelque obligation ou contrainte que ce soit, représente pour moi le kif intersidéral. 

Je viens de terminer le 6ème tome de "l'Arabe du futur" et je souhaite à la famille Sattouf d'être enfin heureuse.


*mon amoureux vient de m'offrir une nouvelle lampe frontale, pour que je lise la nuit sans le réveiller. 

8.9.16

Les pages de mon vélo

J'ai parlé de lui pour la première fois ici, il y a plus de 10 ans.

Depuis je vous ai plusieurs fois parlé de lui, sans évoquer je crois les circonstances de notre rencontre.

J'avais 21 ans et travaillais sur l'île de Bréhat comme fille au pair. Sur cette magnifique île aucune voiture ne peut circuler, aussi tous les trajets se font à pieds ou à vélo.

La grande villa dans laquelle je travaillais était située sur l'île nord et pour aller faire le marché, je partais à vélo jusqu'à l'île sud. Il n'y avait qu'un seul passage vraiment difficile à vélo sur mon parcours, une pente de 10% au moins qui avait esquinté des mollets bien plus aguerris que les miens.

Un jour où je rentrais du marché à vélo avec le panier plein de victuailles, j'eus la sagesse de ne pas tenter l'ascension de la sournoise pente, même en danseuse (n'est pas Bernard Hinault qui veut*) et descendis de mon vélo pour le pousser jusqu'en haut de la côte, quand apparu un monsieur de taille moyenne, au crane dégarni, cheveux blancs, lunettes rondes et yeux pétillants d'humour. Il m'apostropha à peu près en ces termes** :

"Dites chère Madame, ce n'est pas très courageux d'abandonner si vite, pensez à l'immense satisfaction que vous auriez après avoir surmonté cette épreuve."

Il habitait visiblement la maison dont le mur de clôture en pente longeait la fameuse côte.

je lui répondis : "quelque chose me dit que vous n'avez fait l'acquisition de cette maison que pour le plaisir de vous moquer des malheureux cyclistes."

Il éclata de rire et me souhaita une bonne fin de trajet.

Je venais de faire la connaissance d'Erik Orsenna, écrivain que je ne connaissais pas à l'époque, mais j'ai eu depuis plusieurs fois l'occasion de le lire avec plaisir. J'apprécie l'homme aussi pour ses engagements et ses prises de position courageuses.

Tout cela pour vous dire que j'ai recommencé à lire avec plaisir ces derniers mois et que le dernier roman qui m'a plu est de lui : "L'origine de nos amours".

Possiblement autobiographique, le dénouement m'a laissée sur ma faim, mais l'auteur étant encore de ce monde, sans doute n'en n'a t-il tout simplement pas encore fini avec l'amour.

J'en suis heureuse pour lui.



*oui je sais, encore une référence de vieux, mais je n'ai pas le souvenir d'avoir aperçu un cycliste plus beau que lui à ce jour.
** j'ai beau avoir la mémoire des dialogues, 21 ans ça vous érode le souvenir.