"Imaginez que vous vous donnez soudain le droit d'être furieusement heureux. Oui, imaginez une seconde que vous n'êtes plus l'otage de vos peurs, que vous acceptez les vertiges de vos contradictions. Imaginez que vos désirs gouvernent désormais votre existence, que vous avez réappris à jouer, à vous couler dans l'instant présent. Imaginez que vous savez tout a coup être léger sans être jamais frivole. Imaginez que vous êtes résolument libre, que vous avez rompu avec le rôle asphyxiant que vous croyez devoir vous imposer en société. Vous avez quitté toute crainte d'être jugé. Imaginez que votre besoin de faire vivre tous les personnages imprévisibles qui sommeillent en vous soit enfin à l'ordre du jour. Imaginez que votre capacité d'émerveillement soit intacte, qu'un appétit tout neuf, virulent, éveille en vous mille désirs engourdis et autant d'espérances inassouvies. Imaginez que vous allez devenir assez sage pour être enfin imprudent.

Imaginez que la traversée de vos gouffres en vous inspire plus que de la joie. C'était tout cela être le Zubial."

Alexandre Jardin, Le Zubial

4.3.26

Sue Ellen Ewing était un rôle

Vu en ciné-débat hier, je vous recommande chaleureusement le film "Des jours meilleurs".

L'alcoolisme des femmes est encore un tabou dans notre société, qui fait la part belle au vin et aux alcools, outils de "convivialité".

Aucun de mes trois grands enfants ne boit d'alcool. Ni par conviction religieuse, ni parce qu'ils auraient été traumatisés par un parent alcoolique, mais parce qu'ils n'en aiment pas le goût.

Grand bien leur fasse.

Mais je vois bien que dans la famille Ardéchoise de mon amoureux c'est une anomalie de plus de ma part. Je n'ai pas appris à mes enfants à aimer l'alcool ! Comment peut-on s'amuser et même rire à une fête sans verre d'alcool à la main ? Je suis souvent celle qui ne boit pas afin de conduire pour ramener mon bûcheron, mais ils ne comprennent pas non plus : "Même pas un verre ou deux ? T'as le droit tu sais !".

Ok, mais il se trouve que je n'en ressens pas forcément le besoin. Ce qui n'arrange pas mon amoureux car j'ai une furieuse tendance à pratiquer la parole impeccable à la Miguel Ruiz quand je suis sobre (alors que quand j'ai bu je ne fais que rire) et dans sa famille on ne se parle pas vraiment, ça ne fait pas partie de leur éducation.

De plus, je me suis rendue compte que le vin, même très bon, me file un méchant mal de crâne et me fait vomir désormais et la bière me fait péter au lit la nuit. Alors pour le bien de ma santé et de mon couple j'ai décidé d'arrêter les deux. 

Pourtant j'aimais rien plus que siroter un verre de Porto le soir en lisant un bon bouquin. D'ailleurs ça me rappelle qu'il y a bien longtemps que je n'ai pas acheté de Porto, ni lu d'ailleurs, bien que les deux ne semblent pas avoir de mauvais effets secondaires sur mon organisme. 

Quand je ne supporterai plus d'affronter les sordides nouvelles du monde avec l'esprit clair, je réclamerai des anxiolytiques à mon médecin. Il paraît que ça procure les mêmes effets que l'alcool et que c'est remboursé par la sécurité sociale.

Non plus ? Bon ben je vais me shooter aux petits bonheurs alors, à commencer par serrer ceux que j'aime dans mes bras longuement, même Petitout (23 ans) : "Madré, c'est gênant, je n'ai plus 3 ans et je ne pars pas au front !".

Par chance, non. 

Une pensée pour toutes les femmes et mères du monde et pas que le 8 mars prochain.


P.s : si vous avez un bon plan pour ressentir une douce torpeur bienfaisante sans consommer d'alcool, médicament ou substance illicite, je suis preneuse.

P.s2 : nous sommes d'accord, un bon orgasme fait le job, mais mon bûcheron a indiqué ne pas être disponible tout le temps pour répondre mes sollicitations et m'a invitée à chercher d'autres façons de me faire du bien, sans pour autant le tromper*... Mais j'ai perdu le cordon de recharge de mon nouveau meilleur ami (tristesse et commande express dans la foulée).

*Rabat-joie ! 

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