"Imaginez que vous vous donnez soudain le droit d'être furieusement heureux. Oui, imaginez une seconde que vous n'êtes plus l'otage de vos peurs, que vous acceptez les vertiges de vos contradictions. Imaginez que vos désirs gouvernent désormais votre existence, que vous avez réappris à jouer, à vous couler dans l'instant présent. Imaginez que vous savez tout a coup être léger sans être jamais frivole. Imaginez que vous êtes résolument libre, que vous avez rompu avec le rôle asphyxiant que vous croyez devoir vous imposer en société. Vous avez quitté toute crainte d'être jugé. Imaginez que votre besoin de faire vivre tous les personnages imprévisibles qui sommeillent en vous soit enfin à l'ordre du jour. Imaginez que votre capacité d'émerveillement soit intacte, qu'un appétit tout neuf, virulent, éveille en vous mille désirs engourdis et autant d'espérances inassouvies. Imaginez que vous allez devenir assez sage pour être enfin imprudent.

Imaginez que la traversée de vos gouffres en vous inspire plus que de la joie. C'était tout cela être le Zubial."

Alexandre Jardin, Le Zubial

14.4.26

Que ta parole soit juste

Bon, on ne va pas se mentir, je ne crois pas avoir été une personne "commode" un seul jour dans ma vie. Dans la langue de mes parents il y a même un mot pour ça : "Mindodo"

Ce qui ne signifie pas désagréable ou pénible mais plutôt d'une trop grande rectitude/franchise... vous voyez l'idée. Il est vrai que j'ai la mauvaise habitude de toujours dire franchement ce que je pense quand j'y suis invitée. Et c'est la raison pour laquelle mes amis me posent toujours les questions embarrassantes : "Bon, en vrai, il est pas beau mon bébé ? ; "Que penses-tu de mon nouveau chéri, il est un peu con, non ? ; "Ma mère, en vrai, elle n'est pas si gentille, hein ?" ; "Cette fille, elle me prend pour un porte-monnaie j'ai l'impression ?", etc.".

Et puisque l'on me fait suffisamment confiance pour me poser de vraies questions plutôt que de me parler de la météo, j'essaye de répondre le plus franchement et sincèrement possible, tout en appliquant les 4 accords toltèques. Petitout m'a offert le livre il y a quelques années en insistant sur le  premier principe : "Que ta parole soit juste".

Aussi, désormais, avant de répondre à une question je tourne sept fois ma langue dans ma bouche et réfléchis à la façon la moins blessante d'exprimer sincèrement et franchement ce que je pense.

N'empêche, le prochain qui me demande si je suis pressée d'être grand-mère ou d'être à la retraite et surtout si tous les convives à un repas ne parlent que de ça, je crois que je vais me mettre à la chanson...



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